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La journée du samedi 5 novembre 2011 pourrait s’appeler « Les psaumes pour les nuls » ou « Soigner ses racines spirituelles pour porter de beaux fruits » ou « Savoir d’où l’on vient pour mieux comprendre où l’on va » ou « Chanter les psaumes chanter la parole ». Il s’agit de découvrir et de s’approprier en chantant la veine spirituelle et le génie créateur des pères de la réforme protestante.
L’atelier fut dirigé par Christine MOREL, membre engagé de l’église Réformée. Elle enseigne la direction de chœur au conservatoire, a fondé plusieurs ensembles et enregistré de nombreux disques, notamment sur les psaumes de la Réforme.
Samedi : Retour aux sources, découverte, apprentissage, un peu de technique vocale et d’information sur les psaumes de la Réforme.
 Psaume 1
Les psaumes existent depuis trois mille ans. Ils sont nos racines : la littérature de la Renaissance, un croisement de plus d’éveils. Les psaumes sont le cœur de la spiritualité judéo-chrétienne. Une collection de prière. Il existe 400 citations de psaumes. Chanter les psaumes, c’est prier dans la tradition chrétienne. On les chantait le matin, le midi et le soir dans les monastères du moyen âge, tout comme aujourd’hui. L’idée était de ressortir la spiritualité des monastères et de la ramener vers le peuple. Les garçons chantaient à l’église avec les moines et les adultes. Ils ne se mélangeaient pas avec les femmes. De retour à la maison, ils apprenaient à toute leur famille à chanter les psaumes. Les femmes chantaient les psaumes à la maison ou seules en lavant le linge.
Pour Luther, le psautier était une petite bible qui exprime les joies les peines, un véritable évangile. Chanter suppose un minimum de travail dans le corps. A cette époque, on chantait à l’unisson la voix de ténor. Après il y a eu des compositeurs qui ont mis de l’harmonisation avec les raccords : soprano, alto, ténor, basse. Le psaume était souvent inspiré avec la musique qu’on chantait à l’église avant la Réforme. Aussi les chants grégoriens avec les prêtres pendant une partie de la messe, dans les églises latines, les monastères.
Dans les églises réformées, les psaumes étaient répartis dans les 52 semaines de l’année. On prêchait la parole la semaine et les psaumes étaient chantés le dimanche.
Avant les psaumes, les chrétiens chantaient les Cantiques des Cantiques, par exemple pour Noël, du quinzième au dix-septième siècle. Mais les cantiques ne font pas partie des cultes. Le chœur (chorale) était séparé du reste des fidèles. Ils ne se voyaient pas, ni ne participaient par la vue mais par l’écoute. Les psaumes se chantaient sur 8 modes (la même mélodie) puis il y a eu la modernisation du culte sur la même langue dans laquelle on va prier ou chanter. A savoir que dans le livre des Psaumes il y a 150 prières. Il y a une invention qui venait des laïcs, les écrivains, les poètes et les églises proches comme les évangélistes. Les écrivains vont demander de traduire les psaumes en français (la bible en général).
L’idée de chanter les psaumes en strophe ou en couplet va se mettre à jour avec Calvin et un poète nommé Clément Marot. C’était un top des chants populaire pour les jeunes hommes, l’amour, puis la louange de Dieu et des prières. Marot va donc transformer les psaumes en chanson. Après le décès de Clément Marot, Théodore de Bèze va continuer le psautier avec Calvin. Le psaume était chanté à l’unisson avec une seule voix pour mieux comprendre et tout entendre sur le plan musical. C’était dans le but que tout le monde chante la même chose. Calvin va aussi demander de chanter les psaumes en dehors de l’église, entre amis, en famille, avec un groupe restant avec différentes voix et harmonisation très sophistiquée. Hommes femmes et enfants devaient retenir les 150 psaumes ou encore les différentes mélodies. Les 150 psaumes étaient chantés toute la semaine. Puis à la Réforme, les hommes ont eu droit de se mélanger avec les femmes. Puis au vingtième siècle on a commencé à chanter ensemble avec l’installation des chorales.
Dimanche : participation chantée au culte d’initiation à la polyphonie puis préparation du concert final. Atelier dirigée par Christine Morel.
En fin d’après-midi ; concert « chantez à dieu chanson nouvelle » par l’ensemble « Concert des Planètes ».
Nous étions une quarantaine de personnes hommes et femmes de nos différentes églises réformées et évangéliques, mais surtout les membres de la chorale de l’église réformée de l’Annonciation.
Monique BWEMBA
En cette fête de Pentecôte, les trois textes choisis, Actes 2 : 1-13 , 1 Cor. 12. 4-13 , Joël 3 : 1-5 , nous parlent des manifestations de l’Esprit Saint qui nous libère et nous envoie en mission.
C’est le thème de cette prédication du pasteur Jean-Christophe Perrin à Dreux.
Cliquez ici pour lire la prédication de Jean-Christophe Perrin
Actes 2 : 1-13
1 Lorsque arriva le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble en un même lieu.
2 Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis.
3 Des langues leur apparurent, qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres ; il s’en posa sur chacun d’eux.
4 Ils furent tous remplis d’Esprit saint et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’énoncer.
5 Or des Juifs pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel habitaient Jérusalem.
6 Au bruit qui se produisit, la multitude accourut et fut bouleversée, parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue.
7 Etonnés, stupéfaits, ils disaient : Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
8 Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
9 Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, du Pont, d’Asie,
10 de Phrygie, de Pamphylie, d’Egypte, de Libye cyrénaïque, citoyens romains,
11 Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons dire dans notre langue les œuvres grandioses de Dieu !
12 Tous étaient stupéfaits et perplexes ; ils se disaient les uns aux autres : Qu’est-ce que cela veut dire ?
13 Mais d’autres se moquaient en disant : Ils sont pleins de vin doux !
1 Cor. 12. 4-13
4 Or il y a diversité de dons de la grâce, mais c’est le même Esprit ;
5 diversité de services, mais c’est le même Seigneur ;
6 diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous.
7 Or à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune.
8 En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ;
9 à un autre, de la foi, par le même Esprit ; à un autre, des dons de guérison, par l’unique Esprit ;
10 à un autre, la capacité d’opérer des miracles ; à un autre, celle de parler en prophète ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, diverses langues ; à un autre, l’interprétation des langues.
11 Mais c’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant à chacun en particulier comme il le décide.
12 En effet, comme le corps est un, tout en ayant une multitude de parties, et comme toutes les parties du corps, en dépit de leur multitude, ne sont qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ.
13 Car c’est dans un seul Esprit que nous tous — soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres — nous avons reçu le baptême pour appartenir à un seul corps ; et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit.
Joël 3 : 1-5
1 Après cela, je répandrai mon souffle sur tous : vos fils et vos filles deviendront prophètes, vos anciens auront des rêves, et vos jeunes gens des visions.
2 Même sur les esclaves et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon souffle.
3 Je ferai paraître des prodiges dans le ciel et sur la terre : du sang, du feu et des colonnes de fumée ;
4 le soleil se changera en ténèbres, la lune en sang, avant que n’arrive le jour du SEIGNEUR, ce jour grand et redoutable.
5 Alors quiconque invoquera le nom du SEIGNEUR échappera, car au mont Sion, à Jérusalem, il y aura des rescapés, comme l’a dit le SEIGNEUR, et ceux que le SEIGNEUR appelle seront parmi les survivants.
Note du webmestre :
Ce verset de Joel est repris cette année par l’Eglise Réformée de France pour son synode national : “Vos enfants prophétiseront, vos anciens auront des rêves “(Joël 3, 1) – Construire l’Église au rythme des âges de la vie est le thème de la 104ième session ordinaire du synode national de l’ERF qui s’est tenu à Orléans du 2 juin au 5 juin 2011. Voir plus de détails sur le site de l’ERF , et le message du président du conseil national.
Tel était, dès 1926, le projet du théologien allemand Rudolf Bulmann. Il existe une différence, à cet égard, entre démystifier et démythologiser. La démystification est l’œuvre de l’incroyance ; la démythologisation, l’œuvre de la foi. Le texte que nous avons sous les yeux, fût-il biblique, doit être soumis à une certaine critique pour être bien compris. Il s’agit avant tout de s’attaquer aux fausses croyances, aux illusions (sur soi, sur Dieu, sur le monde), aux vérités toutes faites (même lorsqu’elles sont érigées en dogmes par l’Eglise). Ce n’est qu’à ce prix que l’on peut ensuite retrouver la saveur de l’œuvre. Ici le problème du mythe prend un nouvel aspect. Il n’est pas seulement un masque à percer, mais une expression symbolique à réinterpréter. Le texte doit être lu du point de vue de son kérygme, de son message existentiel, appelant le destinataire à une nouvelle compréhension de soi. Croire et comprendre, foi et compréhension sont indissolublement liés.
En d’autres termes, un message m’est adressé à moi, aujourd’hui, citoyen du XXI° siècle, et c’est à moi de le décoder et de me l’approprier par une lecture critique et assidue. La prédication qui s’ensuit est le lieu de la déconstruction des illusions et de la reconstruction d’un sens.
JC PERRIN
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Jean est appelé le baptiste, car il baptisait les gens pour qu’ils puissent se rapprocher du Dieu duquel ils s’étaient détournées. « Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui. Tous se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés » (Mc 1, 5).
Le baptême, du verbe grec baptizô, signifie « plonger » dans l’eau, ou « tremper », comme le fait le teinturier qui plonge son tissu dans la teinture. Avec une orthographe un peu différente, l’adjectif bathus signifie « profond ». Le professeur Piccard en a fait un nom pour désigner le bathyscaphe, un vaisseau destiné à l’exploration des grandes profondeurs marines. Ces deux mots ont en commun l’idée de plonger, d’entrer profondément dans un liquide que ce soit de l’eau ou de la teinture.
L’eau, dans le symbolisme religieux, ainsi que dans notre compréhension moderne concernant l’hygiène, c’est ce qui nettoie, purifie. Les Juifs ont les mikvés, des bains rituels qui préparent le corps à la prière, les musulmans se lavent les mains, la bouche, les avant-bras et les pieds avant de prier. Les archéologues, en déblayant les décombres à Qumrân, ont mis à jour de nombreux bassins servant aux ablutions : les Esséniens, en effet, qui avaient une haute considération pour la pureté du corps et de l’esprit, prenaient plusieurs bains par jour. De même, le brahmane en Inde est sensé se laver trois fois par jour, pour être rituellement pur.
L’eau a donc son importance pour la purification du corps et on retrouve des allusions à cette fonction dans les textes de l’Ancien testament. Le verbe baptizô se trouve dans l’histoire de Naaman au 2ème livre des Rois. Ce Syrien atteint d’une maladie de peau s’immergea dans le Jourdain : « Il descendit, il se plongea (se baptisa) dans le Jourdain et sa chair fut transformée en la chair d’un petit enfant et il fut purifié » (2 R. 5, 14).
Le baptême, – ainsi que la confirmation et la participation à la sainte Cène – est un rite initiatique, il désigne l’initiation chrétienne. Nous sommes chrétiens par le baptême. Dans l’histoire de l’Eglise, l’origine de ce rite remonte à Jean le Baptiste. La confession – la reconnaissance – des péchés appartient au baptême de Jean. Dans cet exercice, il s’agit réellement de surmonter son existence antérieure par rapport au péché, d’y renoncer définitivement et de prendre un nouveau départ pour mener une nouvelle vie.
Nous venons de voir que toute la Judée et Jérusalem affluaient pour se faire baptiser. Mais voici que se produit quelque chose d’insolite : « Or, à cette époque, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain » (Mc 1, 9). Jésus, dont on nous dit qu’il était sans péché, se mêle à la foule anonyme des pécheurs qui attendent sur les rives du Jourdain et demande à Jean le baptême. Jésus inaugure sa vie publique en prenant place parmi les pécheurs. Il n’a pas à changer de vie, à se libérer du péché (qui consiste à se croire l’égal de Dieu). S’il se fait baptiser, c’est pour signaler qu’il prend sur ses épaules le fardeau de la faute de l’humanité toute entière. Sa descente dans le Jourdain annonce sa mort prochaine et l’esprit qui se manifeste dans le ciel, comme une colombe, en l’appelant « mon fils bien-aimé », symbolise sa résurrection d’entre les morts.
Suivre l’invitation au baptême signifie se rendre sur le lieu du baptême de Jésus et recevoir ainsi de son identification avec nous notre identification avec lui. C’est ce que signifie le processus du baptême. On y trouve d’un côté une symbolique de la mort : lorsqu’on plonge la tête sous l’eau, cela équivaut à la mort. Aux yeux de la pensée antique, l’océan était une menace permanente pour le cosmos, pour la terre ; il s’agissait du flot originaire capable d’ensevelir toute la vie. Par le biais de l’immersion, l’eau intègre cette symbolique. Mais le cours d’eau est aussi symbole de vie. Jadis, avec le Nil, le Gange, l’Euphrate, le Jourdain, comme aujourd’hui, – avec la Seine, le Rhône ou le Danube – fleuves et rivières sont une source de vie pour les citadins et les villageois.
Le baptême symbolise ainsi une deuxième naissance. Il s’agit d’un nouveau commencement, à savoir d’une mort et d’une résurrection. L’apôtre Paul le dit expressément: « Notre baptême, en nous unissant en Jésus-Christ, nous a tous unis à sa mort. Donc, par le baptême, nous avons été plongés avec lui dans la mort. Mais la puissance glorieuse du Père a réveillé le Christ de la mort, pour que, nous aussi, nous vivions d’une vie nouvelle » (Rom. 6, 3-4). Par la symbolique, il s’agit de renaître, même si le baptisé est un nouveau-né.
Mais ce n’est pas juste le geste – celui qui consiste à mettre un peu d’eau sur la tête du baptisé ou à plonger le corps en entier dans un cours d’eau – qui compte dans le baptême, mais le sens. Paul dit : « Je rends grâce de n’avoir baptisé aucun d’entre vous, excepté Crispus et Gaius » (1 Cor. 1, 14). Un peu plus loin, il s’explique : « Ce n’est pas pour baptiser que le Christ m’a envoyé, mais pour annoncer l’Evangile » (1 Cor. 1, 17) [1].
Est-ce à dire que le geste ne compte pas ? Non, bien entendu. Mais le vrai baptême, c’est de suivre Jésus-Christ, de se mettre à l’écoute de sa Parole. Si nous ignorons ce qu’il nous dit, si nous n’agissons pas comme il le veut, comment pouvons-nous prétendre être chrétiens ?
Dans l’épître aux Galates, Paul dit encore : « Vous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtus le Christ » (Gal. 3, 27). Pour Paul, le baptême ne correspond pas à une purification du corps, ou à une manière de se laver du péché. Il s’agit au contraire de plonger dans le Christ, de le revêtir et, si on se rappelle de la notion de teinture, de s’imprégner de la couleur du Christ. Quelle est cette couleur ? C’est la couleur de l’amour, la couleur du soleil levant.
Espérons ainsi que Lucas, par son baptême, puisse rayonner de la couleur de l’amour du Christ. Puissions-nous nous rappeler nous-mêmes, nous qui avons été baptisé, que nous avons revêtu le Christ et qu’il nous veut à son service.
JC PERRIN
[1] Jésus lui-même ne baptisait pas : on ne trouve, en tout et partout qu’une seule indication, dans l’évangile de Jean, qu’il est pratiqué ce rituel.
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