Il pleut il pleut

Quand on n’a rien à se dire, on parle de la pluie et du beau temps.

Au mois de mai, il faisait chaud. Les prévisions disaient même qu’une nouvelle canicule s’annonçait et qu’elle ferait à nouveau beaucoup de morts (du moins les journalistes l’espéraient, car leur boulot c’est d’annoncer des mauvaises nouvelles). Manque de chance, il a plu tout l’été. Nos vacances sont tombées à l’eau en quelque sorte. Et tout le monde de se plaindre.

 Le temps est détraqué! Il n’y a plus de saison! (air connu). C’est à cause de la pollution! Que fait le gouvernement? C’est une honte! On a besoin de beau temps! Et plic et ploc tombe la pluie…

L’être humain ne peut accepter que les choses ne fonctionnent pas comme il le veut. Que les saisons ne soient pas comme il a décidé (pluvieux en automne, froid en hiver, doux au printemps, chaud en été) et le voilà qui s’imagine que la fin du monde est arrivée. L’homme se dit responsable pour les irrégularités de la nature (comme s’il n’y en avait jamais eues dans le passé). Il se croit l’auteur de l’Apocalypse, comme il se croit l’auteur de la création. Son seul intérêt est lui-même: moi, moi, moi.

La nature doit me servir. Si Dieu existe, Il doit m’obéir: je veux ceci, je veux cela. Et s’il y a un paradis, ce sera un paradis sans Dieu.

A force de nier la source de son existence, faut-il s’étonner que l’homme soit malheureux? Ce n’est pas la pluie et le beau temps qui fait son malheur, mais son égoïsme. Les désagréments de la nature ne sont là que pour justifier le fait de ne pas être heureux.

En vérité, Dieu est bon et la vie est belle. Mais il faut ouvrir les yeux pour le voir…

Jean-Christophe PERRIN.

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