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Oecuménisme ou oeufcuménisme ?

Le substantif « œcuménisme » provient du participe grec oikoumenè et signifie, pour les Grecs anciens, la terre habitable, parfois le monde entier. Ce terme, appliqué au christianisme, exprime l’universalité de l’Eglise nonobstant les différences confessionnelles et nationales. Il signifie, pour nous, l’ensemble des efforts et des manifestations entre chrétiens et entre Eglises chrétiennes.

L’œcuménisme n’est donc possible que par des efforts personnels, par des efforts de compréhension de l’autre et d’acceptation de son indéniable différence. Il est utopique de penser que les résolutions ne se prennent qu’au sommet. En fait, les chefs des Eglises, en raison de leurs positions respectives, sont plus susceptibles de se quereller sur des questions de doctrines que les croyants ordinaires qui n’y comprennent pas grand chose. Si donc les chrétiens que nous sommes restons chacun enfermés dans nos coquilles confessionnelles, les rapports que nous pourrons établir avec les autres Eglises relèveront de l’œufcuménisme.

J’entends bien que l’œcuménisme ne signifie pas un accord parfait avec tous les chrétiens de la terre, mais un dialogue permettant de discerner toujours mieux, à la lumière de notre origine commune, le témoignage commun à rendre afin que le monde croie en Jésus-Christ. Nos efforts se tournent en se sens. Tout dialogue implique des accords et des désaccords et sur notre bonne volonté d’entendre ce que l’autre a à nous dire. Il est évident qu’à vouloir insister sur ce qui nous divise toujours, nous encourrons un dialogue de sourd.

L’un de ces mal-entendus, durant nos célébrations œcuméniques, est la participation commune à la Cène. Comment faire en sorte pour que la Cène ne se transforme pas, pour les uns comme pour les autres, en œufcharistie? Les catholiques ne sont pas très enclins à inviter les protestants à communier avec eux et les protestants, qui se sentent offusqués, n’acceptent pourtant pas que l’hostie soit le corps réel du Christ. Comment sortir de ce dilemme? Pour ma part, je pense que c’est encore le dialogue entre nos deux Eglises qui permettra de mieux nous comprendre et d’accepter nos différences. Qui donc aura assez de courage pour oser ce dialogue? Devons-nous attendre que ce soient nos « chefs » d’Eglises qui le fassent ou sommes-nous prêt à relever le défi?

L’œcuménisme, c’est nous qui le créons tous les jours, dans nos rencontres avec autrui, dans nos échanges avec lui, dans notre écoute patiente comme dans notre courage d’afficher nos désaccords sans vouloir convertir l’autre à nos idées. C’est à ce risque que nous pourrons, malgré toutes nos différences, nous reconnaître tous chrétiens et proclamer d’une seule voix que Christ est Seigneur !

JC PERRIN.

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