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Edito : Entendez-vous ce que je ne saurais dire ?

En ce temps de l’Avent, nous attendons fébrilement la venue/retour du Christ. Jean le Baptiste préfigure cette venue. C’est lui qui l’annonce, c’est lui qui le précède et quand il le rencontre,  il s’efface devant lui. De la même manière, le pasteur annonce l’Evangile et il s’efface devant le Christ. Son rôle n’est pas de séduire son auditoire par sa prédication. Les auditeurs ne doivent pas s’arrêter à la personnalité plus ou moins charismatique de leur pasteur. Car celui-ci n’est qu’un ministre au service du Christ (tant il est vrai que le mot ministre désigne le serviteur). Son devoir est d’annoncer « celui qui vient ».

Or la prédication, parfois, n’est pas bonne. Parfois encore, elle n’est pas audible. Très souvent, ce que voulait dire le prédicateur est compris en un sens diamétralement opposé par ceux et celles qui l’écoutent. Et cette constatation ne vaut pas que pour le pasteur. Elle est le lot de tous ceux et de toutes celles qui se risquent à prendre la parole afin de transmettre la Parole. Parfois, le prédicateur en prend plein la figure. Jean-Baptiste lui-même fut incompris des siens et il finit par en perdre la tête. Et du reste, avait-il réellement compris le rôle et la personnalité de celui qu’il annonçait ?

Jean-Baptiste annonçait un Messie furibond qui allait juger les pécheurs récalcitrants. Jésus est venu pour sauver ceux qui étaient perdus et il fut doux et humble de cœur. Jean n’avait donc pas du Messie une vision très juste. Et il est possible que le pasteur ou que le prédicateur n’ait pas une vision juste du Christ. Que n’importe, du moment où il annonce que Christ est vivant ! On ne saurait exiger du prédicateur qu’il comprenne tout de Dieu. Une telle exigence tournerait vite à l’idolâtrie. Par contre, on peut exiger de la prédication qu’elle annonce ce que Lui-même a annoncé, à savoir « Je viens ! »

JC PERRIN.

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