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Le temps d’y réfléchir

Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on entende parler du Président de la République. On n’arrête pas de faire des débats sur tout ce que dit ou fait Nicolas Sarkozy. Propos religieux, devoir de mémoire sur la Shoa, divorce avec Cécilia et remariage avec Carla. Tout ça fait scandale. On parle également beaucoup de réformes sans qu’aucune, vraiment, ne se mette en place. Mais qu’à cela ne tienne, personne n’est content. Les cheminots sont fâchés! Les chauffeurs de taxi sont fâché! Les publicistes sont fâchés! Les  grévistes sont fâchés! Le Président dit des gros mots! Mais que fait la police? L’insatisfaction est à son comble. On hurle des vérités toutes faites à qui voudra les entendre et c’est celui qui criera le plus fort qui aura le dernier mot. Le petit écran nous montre des gens rouges comme des briques qui n’arrêtent pas de perdre la raison pour avoir raison.

Vraiment, la bêtise triomphe. Le téléjournal est d’une affligeante pauvreté intellectuelle. Il ne s’agit plus d’informations, mais d’une télé-réalité de type People. L’ironie, c’est que les vrais problèmes ne sont jamais abordés, comme par exemple la diminution croissante de notre pouvoir d’achat. Formidable puissance de propagande que les médias. Qui sont nos véritables ennemis? Rien de mieux qu’une belle diversion pour endormir la méfiance du public. On s’intéresse davantage à la chambre à coucher du Président qu’à notre porte-feuille!

Changeons de registre. Si tout le monde est mécontent, nous sommes en droit de demander si  cette insatisfaction générale cache quelque chose de plus profond. Notre problème immédiat  n’est ni politique ni idéologique ni même économique, mais spirituel. Car malgré les belles paroles qui vantent à grands renforts publicitaires les mérites d’une religion entièrement laïque, force est pour nous de constater l’échec de cette dite religion à installer un sentiment de paix durable dans le cœur de nos concitoyens. L’homme est incapable de faire à lui seul son propre salut, ne fût-ce que pour sauvegarder ses droits universaux. J’insiste: il n’y a pas d’Homme réel – ou alors l’Humanité est une utopie au même titre que le Royaume – mais bien des hommes concrets, aussi humbles soient-ils.

La religion, avant de diviser, rassemble (lat. religiore). Or, Celui qui relie est un Autre. Qui  annonce une Parole qui nous précède. Et qui change notre vie. Devenir meilleur, un véritable être humain et non un animal à deux pattes, voilà la vraie clé du bonheur. Il n’y a dans la politique que déception, à moins de s’en référer au Seigneur. Théocratie, dites-vous? Non pas. Lucidité. Je ne dis pas qu’il nous faille un gouvernement religieux, mais que seul le Christ donne sens à notre vie. Et c’est là mon intention que de me laisser guider par Lui.

Jean-Christophe Perrin

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