résumé de lecture : le protestantisme et ses cultes désertés

Le protestantisme et ses cultes désertés
Olivier Bauer , Labor et Fides, janvier 2008

J’ai découvert ce livre dans la sélection de la Voix Protestante de juin 2008. L’auteur, professeur de théologie pratique de l’Université de Montréal et pasteur, adresse des lettres imaginaires à Maurice qui rêve de participer à un culte. Il se fait avocat du diable en essayant de le dissuader de participer à des cultes parfois ennuyeux ou médiocres.

L’auteur nous invite à redécouvrir la diversité des pratiques du culte protestant. Il s’adresse aux participants réguliers qui, parfois, ne prêtent plus attention à la forme du culte, comme à ceux qui n’y viennent plus.

Dans le culte nos cinq sens et notre capacité à se situer dans l’espace sont sollicités. Chaque détail a son importance : le lieu, les vêtements, la température, les bancs, la musique, les chants, les déplacements, le rôle de chacun dans le culte. L’auteur le dit à Maurice : Il serait difficile aujourd’hui aux disciples d’Emmaüs de rencontrer Jésus. Au lieu de cheminer avec lui, il leur faudrait se lever le dimanche matin, aller dans un temple froid, assister à des rites qu’ils ne comprendraient pas, sur de bancs durs etc.

Pour Olivier Bauer le culte devrait être « bénédiction et protestation », comme une alternance de chaud et froid. Ce devrait être d’abord comme pénétrer dans un bain chaud, s’installer et se sentir bien tout de suite : sièges confortables, ambiance agréable, température douce, musique agréable, ton de voix agréable etc. Ensuite, il faut un choc, comme un bain froid, une exhortation à la vie chrétienne. Trop souvent le culte ne dispense que la douche froide ou alors tiède. La prédication, devrait être intéressante, compréhensible,  une explication de la Bible, un pont entre la Parole de Dieu et le monde d’aujourd’hui.

 L’auteur explique son exigence : « C’est parce que j’adore le gout de la vie chrétienne que je n’apprécie pas la soupe du culte. » Il nous fait donc une proposition provocatrice : « Il est trop tard pour que les réformés rafistolent leurs cultes. Il faut un changement radical, que nos églises cessent de célébrer les cultes tous les dimanches, le temps que nous cherchions d’autres formes de rassemblement. »

Il avance quelques suggestions : Réserver le culte aux grandes fêtes chrétiennes, auxquels on pourrait ajouter le dimanche de la Réformation et quelques autres occasions pour arrondir à une dizaine par an. Continuer à célébrer les moments importants de la vie comme les mariages baptêmes etc. Et pour combler le désir de se réunir, quelques réunions préparées par groupes, suivies d’un repas en commun ; ou des changements de lieux pour briser la routine. Il  évoque également  l’instauration d’un quorum de participants en dessous duquel on ne célèbrerait pas pour responsabiliser chacun.

O. Bauer conclut ainsi : « Au fond, j’aime le culte : j’aime en célébrer, j’aime y participer. Je l’aime trop pour me contenter de sa fréquente médiocrité ».

 J’ai bien aimé ce livre provocateur qui nous rappelle  le sens du culte,  le rôle de chacun. La proposition de réduire le nombre des cultes traditionnels peut nous choquer, elle a au moins le mérite de faire réfléchir. Comme le dit l’auteur, le reste est à penser en communauté.

Allez, comme Maurice, je suis sur que je viendrai au culte quand même.

Philippe Riglet

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One Comment

  • Olivier Bauer says:

    Merci pour cette gentille critique.
    Que Dieu bénisse votre culte!
    Olivier Bauer

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