Dans son livre, Le prix de la grâce (Nachfolge, litt. «obéissance»), Dietrich Bonhoeffer critique un usage abusif de la thèse fondamentale de Luther : l’homme est sauvé par la seule grâce de Dieu, et non par ses œuvres, thèse liée à celle de la justification du pécheur par la foi seule. Cependant, sous le couvert de la «grâce seule», l’homme peut en arriver à se vautrer dans la médiocrité et à justifier le fait qu’il n’a pas besoin de faire d’effort pour s’améliorer, car de toute façon il est sauvé. Cette sorte de banalisation du mal n’aboutit en vérité qu’à un mépris de la grâce. Certes, la grâce du Christ nous sauve. Mais n’oublions pas qu’elle lui a coûté la vie. Bonhoeffer oppose ainsi à la «grâce à bon marché» une «grâce qui coûte».
« La grâce à bon marché, » dit-il, « c’est la prédication du pardon sans repentance, … c’est la grâce que n’accompagne pas l’obéissance, la grâce sans la croix, la grâce faisant abstraction de Jésus vivant et incarné ». En revanche, la grâce qui coûte, c’est le trésor caché dans le champ, qui dépasse tous les biens et toutes les affections du monde ; c’est l’Evangile qu’il faut toujours chercher à nouveau. Le christianisme coûte cher, car il implique que l’on se mette à l’école du Christ, qui disait à ses disciple : « Viens et suis-moi ». Être chrétien signifie que l’on suive le Christ et non que l’on s’installe dans son péché avec complaisance.
L’obéissance au Christ fait du chrétien un homme isolé. Elle le coupe, en un sens, du monde. Dans l’autre sens, elle l’y précipite car la foi au Christ est vécue dans la communauté de foi qu’est l’Eglise au milieu d’une société humaine dont le fidèle ne doit pas se distinguer. La vie du chrétien est dans le monde, mais pas selon le monde. Ainsi, l’obéissance au Christ coûte cher, car elle implique que nous changeons nos vies en suivant le Maître : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens et suis-moi » (Mc 19.22). Pour devenir son disciple, il faut pouvoir le préférer à ses parents, sa famille, ses enfants, sa propre vie. « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive » (Mc 8.34).
L’une des conséquences immédiates de ce renoncement à soi-même se vit dans la communauté concrète. L’Eglise du Christ, c’est l’Eglise de frères ennemis réconciliés par la Croix. Elle n’est pas un «parti» où l’on se justifie les uns les autres en excluant d’autres, elle est l’Eglise que le Christ a justifiés. Ce n’est pas parce que nous nous aimons que nous sommes frères, c’est parce que le Christ nous a choisis et qu’il nous donne d’être des frères que nous nous aimons. L’Eglise n’est pas la réalisation de nos rêves, mais le don que le Christ nous fait d’être frère ou sœur de celui ou de celle qui ne nous aime pas ou que nous n’aimons pas : « La fraternité chrétienne n’est pas un idéal à réaliser, mais une réalisation créée par Dieu en Christ, à laquelle il nous est permis d’avoir part ».
Pour nous, ou par nos propres efforts, nous ne pouvons devenir des êtres «bons», mais il est possible de devenir meilleurs par l’intermédiaire du Christ. Voilà pourquoi la grâce dont il faut payer le prix est celle qui accompagne la soumission exacte du disciple. A Dieu qui lui dit comme aux apôtres : « Viens, suis-moi. Abandonne tout ce que tu fais, tous ceux que tu aimes », le chrétien répond oui. Quiconque accomplit l’obéissance et se démet entre les mains de Dieu de sa volonté propre connaît alors la foi au Christ. Tel est le sens du devenir chrétien, selon Dietrich Bonhoeffer.
Pasteur JC PERRIN.
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Gloire à l’agneau qui ôte le péché du monde, le Seigneur Jésus Christ, à qui nous devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu.
L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange. Il est le le premier et le dernier, et le vivant. Il était mort; et voici, Il est vivant aux siècles des siècles et Il dit aujourd’hui à son église:
Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu’est son oeuvre.
Merci pour ce message d’exhorttation à vivre pleinement cette grâce dans la foi et l’obéissance`au Seigneur Jésus-Christ.