Ce texte a été écrit par notre pasteur pour préparer la réunion du 18 février entre juifs et chrétiens.
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Le peuple juif est-il le peuple déicide ?
Pour les théologiens modernes, cette question peut sembler carrément absurde. Comment un peuple en son entier peut-il être responsable du sort tragique d’un seul individu ? De plus, il est à peu près certain que la plupart des juifs de l’époque n’avait pas même entendu parler de l’existence de Jésus et encore moins de sa mise à mort sous Ponce Pilate. Cela dit, il faut bien admettre qu’en milieu chrétien le refus des juifs à accepter Jésus comme le Messie a toujours posé problème. Et quand bien même nous sommes aujourd’hui sortis de ce que l’historien Jules Isaac nommait, il y a un demi-siècle, le « temps du mépris », la méfiance chrétienne vis-à-vis du judaïsme, qu’alimente un bon nombre de préjugés concernant les juifs, perdure.

Chandelier a 7 branches symbole du judaisme
L’accusation de « meurtre » du Christ remonte à Paul (1 Th. 2.15-16) et cette accusation circonstancielle a été reprise par les Pères de l’Eglise, à savoir par les tenants d’une religion qui à l’origine était issue du judaïsme, mais qui s’en est résolument éloignée par la suite. A cet égard, la doctrine officielle de l’Eglise devint que les juifs portent le poids de la malédiction divine parce qu’il ont rejeté le Christ, qui était leur Messie, annoncé par leurs prophètes. C’est cette croyance qui a permise que l’on tolère, voire que l’on initie, les pogromes, les croisades, la destruction des synagogues et les exterminations de la communauté juive.
Cependant, le coup de sang de Paul concernant les juifs doit être remis dans le contexte de son époque. Paul est lui-même juif et, bien qu’il se dispute avec Jacques et Pierre à propos de la circoncision des païens, il est clair que pour Paul, Dieu n’a pas rejeté son peuple (Rms 11.1-36) et nulle part il n’écrit que l’élection soit passée d’Israël à l’Eglise. Quant à la phrase : « ce sont eux qui ont tué le Seigneur et les prophètes,… ils ne plaisent pas à Dieu et sont hostiles à tous les humains », elle va plus ou moins dans le même sens que l’exclamation de Jésus : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues tes prophètes ! » (Mtt 23.37). Jésus fait référence aux prophètes qui ont été rejeté par le peuple juif parce que leurs paroles étaient dérangeantes et il sait pertinemment que tel est le sort qui l’attend lui-même, comme en témoigne la parabole des mauvais vignerons (Mtt 21. 33-41 ; Mc 12.1-12 ; Lc 20.9-1).
De même, quand Jésus s’écrie « malheur à vous, scribes et Pharisiens, hypocrites » il est clair que Jésus ne veut maudire personne. Plutôt que d’interpréter le mot « malheur » comme une malédiction, on devrait l’entendre comme une lamentation : « quel malheur de vous voir vous comporter de la sorte ! » Par ailleurs, cette critique peut très bien s’adresser à nous aujourd’hui. Jésus constate que ceux qui auraient dû être les serviteurs de la Parole font exactement le contraire de ce que Dieu attendait d’eux. C’est exactement comme si l’on nous faisait le reproche aujourd’hui d’être un mauvais pasteur, d’être un contre-témoignage de l’évangile, et que, malheureusement, ce soit un reproche fondé.
Reste que, contrairement aux enseignements des rabbins qui s’en réfèrent toujours aux textes, le message évangélique est essentiellement fondé sur la seule personne de Jésus. Jésus s’affirme « le seul maître » (Matt 23.10), l’unique médiateur : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14.6). On peut voir, dans cette dernière affirmation, une certaine exclusivité qui se concentre sur la suivance du Christ, mais celle-ci ne va pas jusqu’à enjoindre l’exclusion, un pas qui est pourtant franchis par certains. Jésus dit plutôt : « Viens et suis-moi » (Matt19.16-22). Cette injonction, qui résume toute la spiritualité chrétienne, s’adresse à chaque individu, indépendamment de toute médiation extérieure, et chacun est appelé à y répondre en toute liberté. La conversion forcée des juifs, qui fut pratiquée dans le passé, est à l’encontre de cette invitation à se mettre librement au service du Christ. En fait, « l’anti-judaïsme chrétien ne sera dépassé que lorsque nous serons parvenus à percevoir dans un sens positif le ‘non’ des juifs à Jésus[1] ».
Car c’est bien le refus des juifs à reconnaître la messianité de Jésus qui se trouve au cœur de la problématique, poussant ainsi les chrétiens à accuser les juifs d’être un peuple « déicide ». Pour faire bref, l’argumentation chrétienne n’est pas de dire que tout juif ait voulu la mort du Christ, mais qu’en refusant d’admettre qu’il est le Messie, le peuple juif se rend responsable de sa mort. Le chrétien ferait bien d’admettre ici à quel point l’image de Dieu prenant forme humaine et mourant sur une croix est choquante pour le juif, comme l’avait pressenti d’ailleurs l’apôtre Paul : « scandale pour les juifs, folie pour les Grecs » (1 Cor 1.23).
Il est certain que la théologie chrétienne fait une surenchère de la crucifixion. La croix n’est-elle pas le symbole de notre identité religieuse ? Rappelons que la mort du Seigneur a été un choc pour les premiers disciples. Et, à la lumière de la résurrection, il s’agissait d’un événement dont il fallait bien rendre compte. Si Christ était ressuscité, il fallait désormais donner sens au non-sens, d’où la « théologie de la Croix » élaborée par Paul. L’idée du sacrifice sanglant de Jésus a elle-même subi plusieurs interprétations au cours des siècles, la plus célèbre étant celle développée par saint Anselme au XI° siècle, qui explique comment le Fils serait venu sauver les hommes de la colère du Père et de l’emprise du diable en mourant sur la croix. Cette idée est totalement absurde pour les juifs. Dieu n’est pas en colère contre les hommes et il désire encore moins la mort du juste, voire même d’un sacrifice, pour l’apaiser : « c’est l’amour qui me plaît, non le sacrifice » (Os. 6.6). L’idée que Dieu puisse mourir et que ce soit eux, les juifs, qui l’aient mis à mort, est également absurde. En fait, le concept d’un Dieu qui s’incarne, meurt et renaît au printemps est plus grec que juif[2].
A la lumière de ces considérations, ne serait-il pas plus sage de dire que Jésus est le Messie des Goyims, qu’il est notre Christ ? Pourquoi vouloir l’imposer aux Juifs comme si c’était le leur ? Et pourquoi voir en eux les meurtriers de notre Dieu ? Un juif n’aurait pas de mal à ressentir de la compassion devant la condamnation injuste et la mort de Jésus, il pourrait même concevoir la résurrection de Jésus comme la preuve que l’image de Dieu ne peut être détruite et que la vie, malgré ses épreuves, continue. Mais il ne peut être d’accord avec le fait de présenter la Résurrection comme l’acte décisif de Dieu, ou comme l’événement inaugural de l’établissement du Royaume de Dieu (Rms 14.7).
Les chrétiens croient-ils que les juifs iront au Paradis ?
L’obstacle majeur entre nos deux religions, c’est le discours paulinien sur le judaïsme. C’est de Paul que les chrétiens héritent une vision négative des juifs. Cependant, il est impensable que Dieu puisse renier le peuple qu’il s’est choisi. Dieu ne serait-il pas fidèle à ses promesses ? Dans ce cas, il ne sera pas plus fidèle à celle qu’il nous a faite par l’intermédiaire de Jésus, qui dit lui-même que « le salut vient des Juifs ». Car si le salut résulte du fait de suivre le Christ, on doit alors admettre la parenté des injonctions entre le judaïsme et le christianisme.
Jésus résume la Loi entière dans l’amour de Dieu et des hommes. Des deux commandements cités par Jésus, le premier fait référence au Deutéronome : « Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes facultés » (Dt. 6.5). Mais les chrétiens, qui aiment à citer ce commandement, ignorent très souvent que le verset qui le précède - « écoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est un » – constitue la prière centrale du judaïsme, son credo en quelque sorte. Les chrétiens ont également tendance à n’accorder que peu d’importance aux versets qui suivent ce premier commandement et qui sont des marques de l’identité juive : « Que les commandements que je te prescris aujourd’hui soient gravés dans ton cœur. Tu les répèteras à tes enfants ; tu en parleras quand tu resteras dans ta maison et quand tu partiras en chemin : à ton coucher et à ton lever. Tu les lieras sur ta main, et ils seront un témoignage entre tes yeux (les teffilins). Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et de tes villes (la mezouza) » (Dt. 6.4-9). De même la dernière partie du Shema Israël[3] évoque l’obligation de porter des franges (tsitsits) – aussi nombreuses que les commandements – que l’on retrouve aujourd’hui sur le châle de prière (tallit) (Nbs 15.37)
Rappelons encore que nous partageons également la même idée du salut, avec les conceptions concomitantes de résurrection de la chair, de la venue (ou du retour) du Messie, du jugement dernier, du Royaume de Dieu. La Bible hébraïque est reçue par nous aussi comme Parole de Dieu, même si on l’entend en des sens différents. La difficulté, pour nous chrétiens, vient du fait de n’admettre qu’une seule interprétation possible du texte, à savoir la mort et la résurrection de Jésus. Par exemple, dans l’épisode du Bon Larron, qu’est-ce qui le sauve : sa confession de foi (indirecte, car ce n’est pas lui qui désigne Jésus en tant que Christ, mais son compère) ou sa repentance (« nous méritons ce qui nous arrive ») ? Notons que, dans le deuxième cas, la notion de « retour à Dieu » ou « repentance » (teshouva) est typiquement juive, car un pécheur repentant est plus proche de Dieu que l’homme juste. Jésus répond: « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23.39-43).
Qui seront sauvés ? Le Messie reniera-t-il les siens ? Le Rav Joseph Sitruk rapporte les paroles d’un rabbin disant : « je sais que, quand je mourrais, j’irais au Paradis. Comment je le sais ? Parce que, quand j’arriverai là-bas, la première question qui me sera demandée est : ‘as-tu étudié la Tora ?’ Alors je répondrais : ‘non !’ et j’entrerai dans le paradis, car pour la première fois de ma vie, j’aurais dit la vérité ». Dans le judaïsme, l’idée du paradis est ainsi liée au développement moral de la personne. L’idée de suivre les 613 mitzvot, c’est bien cela. Mais nous n’y voyons que du légalisme. Pour nous, toutes ces prescriptions ne sont que la Loi. La question devient donc : les Juifs iront-ils au Paradis des chrétiens?
D’autant plus que l’idée du Paradis est une notion fort complexe dans le judaïsme. Le Talmud raconte comment quatre rabbins sont montés au ciel et sont entrés dans le Paradis. Le premier Ben Azzaï est mort, le second, Ben Zoma, est devenu fou, le troisième Elicha ben Abouya, est devenu hérétique, le dernier, Rabbi Aquiba, est entré en paix et sorti en paix (Talmud Haguiga 14a). Le mot pardes (« jardin », « paradis ») comporte quatre lettres PRDS indiquant les quatre sens de l’Ecriture : le sens simple (pchat), l’intertextualité (rémez), le sens des mots eux-mêmes (drach), et le sens spirituel (sod)[4]. La notion du Paradis est ainsi liée à l’interprétation des Ecritures. De fait, plusieurs passages de la Torah sont parfaitement incompréhensibles, sans l’aide de l’interprétation des rabbins. A nous chrétiens, qui découvrons la richesse du judaïsme, les commentaires du Talmud nous permettent de mieux comprendre l’ensemble de la Bible et même certaines paroles de Jésus.
Chaque phrase de la Bible, comme le dit le Talmud, est susceptible de soixante-dix interprétations. Nous avons trop eu tendance à n’en regarder qu’une seule valable : la mort et la résurrection de Jésus. Par exemple, dans le texte : « Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir » (Is. 53.7), nous y voyons la Passion du Christ, alors que, comme nous l’avons vu plus haut, l’ensemble du texte désigne Israël. Certes, pour nous le Christ ne s’oppose pas à Israël, mais récapitule en sa personne la figure d’Israël, dans le sens que tout homme juste (tsadik) représente le « tout Israël ». Mais prenons garde à ne pas christianiser indûment la souffrance du peuple juif qui a été mené, lui aussi, tel « un agneau mené à l’abattoir ». Elie Wiesel raconte l’histoire d’un juif qui, assistant à la pendaison d’un adolescent dans un camp de concentration durant la Guerre, se demandait « Où est Dieu ? Où est Dieu ? » et qui entendit une voix derrière lui : « Dieu est là, pendu au gibet ». Il est sûr que, même dans le récit de cette histoire affreuse, juifs et chrétiens ne voient pas Dieu de la même façon, sans que la vision de l’une n’obstrue celle de l’autre.
Interpréter, c’est créer du sens. Lors du premier discours dans la synagogue de Nazareth (Lc 3.18), Jésus lit: « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’Il m’a consacré par l’onction pour porter la bonne nouvelle aux pauvres… » (Is. 61) et donne un commentaire, d’une courte phrase, faisant référence à « l’accomplissement de l’Ecriture ». Il est vrai que si le verbe « accomplir » signifie pour nous une clôture définitive, ou encore l’annulation pure et simple de tout ce qui a été écrit auparavant, on dénature le sens. Mais si on entend « accomplir les Ecritures » dans le sens que lui donne Paul Beauchamp, alors nous faisons référence à l’élasticité du récit total. Il s’agit donc d’une relecture de l’Ecriture, d’une lecture chrétienne en l’occurrence, mais qui n’épuise pas la totalité du texte. Ou comme le dit Ricœur : « le premier effet de l’écriture est de conférer au texte une autonomie, une existence indépendante, qui l’ouvre ainsi à des développements, à des enrichissements ultérieurs, lesquels affectent sa signification même. C’est ici le lieu de rappeler la magnifique sentence de saint Grégoire le Grand… : ‘l’Ecriture grandit avec ses lecteurs’[5] ».
Pour en revenir à la question du salut, il est difficile de concevoir un Messie qui rejetterait son propre peuple. Jésus envoie ses disciples vers les brebis perdues d’Israël (Mtt 15.26 ; 10.6 ; Lc 19.10). Il veut leur bien-être et leur salut. Certaines de ses paroles témoignent d’une grande compassion envers son peuple: il s’adresse aux pauvres, aux opprimés, aux misérables, aux exclus de la société. Peut-on concevoir qu’il les laisserait tomber pour une question de croyances, voire de dogmes ? A bien des égards, la dogmatique chrétienne (Trinité, double Nature du Christ, Résurrection) rend le dialogue interreligieux difficile, sinon quasiment impossible. Nous sommes les héritiers des Grecs par la pensée et notre logique cartésienne, en ce sens, nous conduit souvent à l’exclusivisme. Si nous voulons un véritable dialogue, nous devons cesser de penser Israël ou Jésus, mais bien Israël et Jésus. Alors seulement pourrons-nous annoncer l’actualité de l’existence juive pour le salut des nations.
Jean-Christophe Perrin
[1] Frierich-Wilhelm Marquardt, cité par Gilles Bernheim dans Le rabbin et le cardinal, Paris, Stock, p.133.
[2] Les mythes d’Attis, Adonis, Tammuz, et aussi Perséphone (une variante du mythe d’Osiris), racontent une mort et une renaissance qui correspondent aux cycles de la nature.
[3] Le Shema Israël est composé de trois passages bibliques : Dt 6.4-9, Dt 11.13-21, et Nbs 15.37-41.
[4] En scolastique, l’herméneutique chrétienne distingue également quatre niveaux de sens de l’Ecriture : le sens littéral, allégorique, tropologique et anagogique.
[5] Paul Ricœur & André LaCocque, Penser la Bible, Paris, Seuil, p.9.

Chartres en ce dimanche 22 juillet 2007
Mémorial de la Déportation -Square « Anne Frank »
Anne ma Soeur Anne ne vois-tu rien venir ? C’est ainsi qu’appelait pour être sauvée, celle qui fût la dernière femme de Barbe Bleue. Elle attendait ses frères, ces fiers cavaliers -Chevaliers de l’âme-
Anne, de ta cache tu ne voyais rien venir, ni l’herbe qui verdoie, ni le soleil qui poudroie, ni les libérateurs espérés. Tu as connu le train qui traînoie, l’étrange voyage qui t’en/menoie à l’herbe rasée, la faim qui faminoie, l’odeur qui pestoie, la couleur qui flamboie, engloutissant tant d’Êtres Humains. Shoah. SHOAH.
Tes pages écrites nous sont parvenues, tu voulais être écrivain : tu l’es.
Au même moment où tes parents vinrent de Francfort en Allemagne se réfugier dans ce beau pays de Hollande, mes cousins tentaient d’échapper à cette Allemagne nazifiée et venaient se réfugier en France. Au moment de la tragique RAFLE du vélodrome d’hiver, Vel d’HİV tu vois ça s’écrit HİV, en Juillet 1942 à Paris, la Bête immonde vous attendait. Robert, Yvette, Paulette et vos parents en ce sinistre mois de Juillet 1942, à Capdenac dans l’Aveyron. Vous aussi avez rejoint les İmmolés.
Tante Rolande : toi aussi qui laisse une orpheline détruite par tes tortures, ta disparition.
Nous sommes tous concernés, tout autant et pas plus perdus, ou éperdus, que les autres d’ailleurs.
Anne Frank il y a beaucoup d’Étoiles dans le ciel, beaucoup d’étoiles filantes, dont la tienne.
On dit lorsque l’on voit une étoile filante qu’il faut faire un Vœu : nous pouvons en formuler beaucoup.
Nous sommes venus Anne, te dire que tu es un exemple, avec la fine expérience qui a été la tienne.
Pour les mêmes “raisons” j’ai vécu dans un grenier, en France. J’avais 6 ans.
Puis les caches innombrables…Un nom nouveau. Une confession religieuse nouvelle. Anne j’avais
si peur, tout le temps. Peur de nos semblables, femmes, hommes, voisines, voisins, pourtant issus comme chacun d’entre nous de l’Amour.
Celles et ceux qui n’adoptaient pas “la pensée unique” étaient voués à une mort inexprimable de brutalité. Patriotes, Communistes, Francs-maçons, Tsiganes, Nègres, Arabes, Homosexuels, Handicapés, et tous en vos grades et qualités. Braves Gens, on a voulu vous anéantir. L’extermination par l’invention, le mensonge de l’existence de “Races Inférieures” a fonctionné.
Il s’est levé cependant la Résistance qui envers et contre tout n’acceptait pas l’envahisseur, la défaite.
Cher BEAU-PÈRE Monsieur Louis Auguste Thieux Patriote, Résistant, Mort assassiné pour la France.
Il s’est levé les JUSTES Parmi Les NATIONS, et c’est ainsi que j’ai été sauvée ainsi que tant d’autres.
A ce titre, et dans cette démesure vécue de SANS DROİT j’avais et j’ai plus de DEVOİRS avec pour symboles les deux premières JUSTES inscrites dans le Livre de la Bible, deux sages-femmes qui accouchaient et les femmes égyptiennes et celles des hébreux. Au péril de leur vie elles n’ont pas obéi à l’ordre inique de tuer à leur naissance les garçons des femmes hébreux. Elles auraient fait de même pour toute autre ethnie. Elles furent dit la Bible particulièrement bénies par CELUÍ qui voit tout.
Anne ma soeur Anne et ta soeur Margot dont je porte le prénom vous êtes dans nos coeurs.
Reposez en Paix et de là où vous êtes protégez la Vie, SACRÉE pour chacun.
İnsufflez dans nos actions le Bien, le Beau, le Vrai, et faites en sorte que nous puissions réaliser à la fois vos rêves brisés, interrompus, et les nôtres.
Ici à Chartres, rendons hommage à Jean Moulin, rendons hommage à la République, à la Laïcité, à la Tolérance, à la Liberté, l’Égalité, la Fraternité tant dans nos pensées que dans nos actes.
Rendons hommage, à celles et ceux qui sont présents dans une réalité qui ne nous fait pas oublier celle vécue il n’y a pas si longtemps. Plus jamais “ça”.
Souhaitons en ton “Nom” Anne, souhaitons tous la PAÍX dans le MONDE.
Pardonne Mais N’Oublie Pas.
Margot Thieux SAGE-FEMME Expert (er) Chevalier de la Légion d’Honneur Ecrivain.
Après cette allocution, je suis allée communier au Carmel de Chartres.
-AIMONS-NOUS les Uns les Autres-
Dimanche 20 juillet 2008….CHARTRES – Mémorial d’Anne FRANK
Nous étions un groupe d’enfants… La Horde
Les plus grands risques pris par Madame BERGON et Madame ROQUES RELIGIEUSES de la Compagnie des Filles de Marie Notre-Dame permettront dans le couvent dont elles avaient la charge à Massip – Capdenac de sauver 71 enfants et 12 adultes. Des JUIFS. Ces deux Religieuses seront reconnues JUSTES PARMÍ LES NATÍONS. L’une Chevalier de La Légion d’Honneur
Les Juifs, « Hors La Loi » rencontrent en zone Sud la collaboration efficace de l’Administration Française avec la Milice et les Waffen S.S. pour l’exécution de la poursuite avec « avec diligence et compétence » des instructions des responsables du gouvernement du Maréchal Pétain -de 1943 à fin 1944- avec de faux noms, avec la peur permanente qui nous habitait nous devions taire nos origines, ne pas trahir le lourd secret de nos vies, sous peine d’être emmenés pour notre extermination prévue. Même baptisée catholique. J’avais 8 ans et 9 ans, et ne savais pas que tous ces élèves vivaient le même danger. Nous ne parlions pas, aucune confidence…Je croyais être la seule dans cette cache avec une cousine que je devais ne pas reconnaître, ne pas trahir.
Jamais je ne me suis aperçue du courage, des FORCES déployées par Madame Bergon, et son équipe pour que nous ayons un peu à manger, et beaucoup d’amour. J’avais même peur d’ELLE qui savait Tout de moi, et pouvait me dénoncer à chaque instant. Nous ignorions où étaient nos parents. J’ai cru avoir été abandonnée, et me suis forgée une vie d’orpheline.
Madame Bergon nous a raconté après la guerre bien des anecdotes où sa PRUDENCE a fait des miracles. Sur une Communauté d’une dizaine, quatre religieuses étaient seules au courant de notre périple. Silence…Secret…Silence…Ici on ne Tue pas.
Le nazisme hors la notion d’une politique nationale dite d’ailleurs socialiste … cache derrière cette appellation « rassurante » une véritable technique du MAL au sens théologique.
Ainsi des lois que nous pouvons considérer comme iniques sont appliquées avec une rigueur implacable. Un régime de terreur naît et croît dans un pays d’une haute culture judéo-chrétienne comprenant des intellectuels et des prêtres qui ont reçu de la tradition judéo-chrétienne les valeurs sociales qui sont les fondements de la Civilisation Européenne.
Sous couvert de questions matérielles, économiques, les anciennes valeurs politiques, sociales sont comme abrogées par L’ORDRE NOUVEAU.
Une guerre, alors concernant tous les pays d’Europe surgit avec des moyens techniques qui bouleversent les anciennes notions de Morale, héritées du Christianisme. La notion du JUSTE PARMÍ LES NATÍONS disparaît devant ces techniques du MAL organisé, structuré, appliqué, d’une façon implacable. La justification des lois tout particulièrement celles concernant les RACES n’ont aucune justification scientifique, aucune valeur, en face de ce qui est maintenant établi comme la nouvelle vérité. Ces lois raciales d’origine Nationale-socialiste vont trouver dans le gouvernement du Maréchal Pétain une sorte d’obligation d’application sous couvert de l’Armistice. Le gouvernement de Vichy au travers de Laval se trouve prisonnier de
FORCES SPÍRÍTUELLES opposées -on peut le dire- aux FORCES de L’Archange Michaël Recteur de la France. Les Chrétiens Européens n’ont pas voulu savoir que le Christ fait Homme EST juif par excellence de nature, le Lion de Juda ; que sa mère était Juive, la
fleur du Peuple du LIVRE ; que les apôtres ont été juifs, aussi bien que tous les prophètes ; que toute la Liturgie catholique ou protestante est puisée dans les livres juifs et principalement les PSAUMES.
La Législation poussée montre en France, 185 édictes, dont 20 ordonnances allemandes émises par les autorités de Vichy interdisant la participation des juifs à la cité ou à la vie rurale, recensés, marqués sur leur pièce d’identité et sur leurs vêtements pour cette période de 4 ans.
Dans le contexte de l’époque, des Français n’admettent et ne peuvent supporter ce qui est contraire non seulement à la Foi Chrétienne mais à leurs conceptions sociales, humaines, de l’AUTRE qui est quelque part comme l’UN d’entre EUX. Leur Justice ne peut tolérer ce qu’ils voient, ce qu’ils entendent, dans le quotidien. Ils préfèrent ce qu’ils ont appris à l’Ecole de la République et dans leur catéchèse élémentaire. Tout comme les évêques qui ont osé se dresser contre l’hydre qui menace les catéchumènes le sentiment d’une INJUSTICE INSIGNE les désignent sans qu’ils le sachent comme les JUSTES…
LES JUSTES PARMI LES NATIONS.
Au péril de leur vie ils savent au fond de leur âme quelle est l’attitude à prendre, en face de cette technique du mal : le nazisme dont ils ne savent peut-être comment l’identifier.
Un grand merci aux JUSTES de Montigny-le-Gannelon d’où je viens.
Madame BACCARY, Monsieur BACCARY, leur fille Madame Yvonne BACCARY- GUÍLLAUME qui rejoignent L’HONNEUR des JUSTES PARMÍ LES NATÍONS.
Ces non juifs se voient décerner un diplôme, une médaille par l’Etat d’Israël.
Ils ont aidé, sauvé des Juifs pendant la guerre et n’ont rien revendiqué.
Leurs noms seront inscrits sur le Mur de l’Allée des Justes à Paris, et leur arbre de vie planté à Yad Vaschem.
A tous les JUSTES connus ou inconnus leur prise de position en font des Êtres à l’image de ce qui est probablement attendu pour la Construction de la Fraternité Universelle. Merci aux Résistants Combattants pour la JUSTICE.
Qui sauve une Vie sauve l’Humanité toute entière. Je leur dois la mienne. Margot THIEUX
20-07-08
Margot THIEUX SAGE-FEMME ancien EXPERT Chevalier de la Légion D’Honneur
Ecrivain.
Noël 2002 -Extrait d’un courrier que m’envoyait Madame Denise Marie Bergon Religieuse
« Juste parmi les Nations »
C’est au soir de cette belle fête de Noël déjà préparée et annoncée par les Prophètes de l’Ancienne Alliance que j’ai tenu à venir vers vous pour vous dire une fois encore que la Bible tient de + en + une grande place dans mon cœur. Et, dans ma prière quotidienne, je pense toujours que mes « Enfants de la guerre » vivront dans un même amour une réponse au Seigneur qui les as choisis pour être le peuple élu, comme Il a choisi aussi notre Église pour être semeuse de Paix entre les hommes, semeuse d’une Charité et d’une Espérance durable pour Celui qui vient aujourd’hui pour nous sauver tous. L’Amour seul sera capable d’établir et de garder les peuples dans l’Unité. J’y crois.