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Mai est de retour.

Soyons cyniques : fêtons les 41 ans d’anniversaire de mai 68 ! Il est certain que la « libération sexuelle » a quelque chose de plus croustillant que la libération de la France du régime nazi  ou que la fête du 1er Mai ! Pour ma part, s’il y a quelque chose que je regrette avec nostalgie de cette époque confuse, ce n’est pas l’idée naïve d’un communisme sexuel mais la perte de tout sens critique vis-à-vis de la société de consommation. De fait, nous sommes actuellement tellement englués dans la surconsommation d’objets, – dont nous n’avons réellement pas besoin – que nous paniquons à l’idée même d’en être un jour privés.

En mai 68, il était d’usage de parler d’aliénation. Hegel, Marx, Marcuse étaient les penseurs qui pouvaient nous guider au-delà du schéma dégradant qui transforme l’homme en marchandise et tout contact humain en démarches calculées. Aujourd’hui, cependant, nous n’avons plus aucun repère. On nous parle de « crise », de catastrophes, d’un monde qui n’arrête pas de s’écrouler. Mais s’il y a crise, il y plutôt crise de foi : à savoir que l’on ne sait plus à qui s’adresser, à qui donner la parole. En qui, en quoi peut-on croire ? Certainement pas en la publicité qu’exploitent les politiciens et qui vient anesthésier notre combativité en proposant l’illusion d’une manne céleste collective miraculeuse.

L’Evangile nous annonce la certitude du salut. Nous sommes sauvés de nos souffrances, de nos illusions sur nous-mêmes, de nos multiples aliénations. Encore faut-il pouvoir l’accepter et vivre de cette grâce seule, au lieu de nous complaire dans une course effrénée de perfections (sociale, économique, sexuelle, etc.). Le loup n’est pas uniquement à l’extérieur, il est en nous aussi. La crise est avant tout en nous-mêmes. Et nous pouvons mourir d’une crise cardiaque à force de performances.

Vivons donc simplement, et en pleine confiance, à la lumière de l’Évangile. Chose certaine :  la vie chrétienne implique nécessairement une contestation radicale des valeurs marchandes et un engagement  sincère au sein d’une société matérialiste totalement aveugle quant à son propre bien-être. Mais, rassurez-vous, cela n’a rien de si terrible et d’effrayant, car Dieu est avec nous (Emmanuel). « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau » a dit le Christ, « car je suis doux et humble de cœur ». La douceur et l’humilité ne sont certes pas des valeurs promues dans notre société, mais ce sont les valeurs de l’Evangile.

pasteur JC PERRIN.

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