A celui qui lui demandait « montre-moi Dieu », Théophile d’Antioche, un des Pères de l’Eglise, répondait « montre-moi l’homme que tu es ». Car Dieu est perçu par les hommes qui sont capables de le voir, à savoir s’ils ont les yeux de l’âme ouverts. De même qu’un miroir doit être propre, l’homme doit avoir une âme pure.
Mais qu’est-ce que la pureté ? Cela veut-il dire qu’il faudrait être parfait et sans reproche ? Certes non. Tout être humain est pécheur. La pureté, c’est de reconnaître ses limites et ses imperfections, au lieu de les nier et de prétendre tout savoir, tout contrôler. Elle est le propre de ceux qui ne se contentent pas de ce qui existe, qui n’étouffent pas l’inquiétude du cœur incitant l’homme à se dépasser et le poussant à entreprendre un chemin intérieur.
Ceux qui ne se plient pas au diktat des opinions et des habitudes dominantes scrutent autour d’eux à la recherche de ce qui est grand, de la vraie justice, du bien véritable. Ces personnes possèdent une sensibilité intérieure leur permettant d’entendre et de voir les signes imperceptibles que Dieu envoie dans le monde.
Voir Dieu, c’est percevoir son action dans le monde et dans les gens. Ne voir dans le monde que des catastrophes et dans les gens que des défauts, correspond à la myopie du matérialisme dominant dans lequel Dieu, qui est Amour, n’a aucune place. Dans cette vision, l’homme est un loup pour l’homme ; il cherche à détruire l’autre et à lui imposer sa volonté: c’est la loi du plus fort. C’est tout à fait le contraire de ce que le Christ nous enseigne sur le Royaume : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient » (Lc 6, 27).
Ceux qui ont le cœur pur, ce sont ceux qui savent pardonner aux autres, qui ont de l’humilité et de la compassion envers autrui, trois qualités qui se renvoient l’une à l’autre. Edith Stein a dit un jour que quiconque recherche la Vérité avec sincérité et passion est en route vers le Christ. Puissions-nous donc développez ce désir sincère de connaître la Vérité en purifiant notre âme par des enseignements susceptibles de l’édifier et ainsi « voir » Dieu.
JC PERRIN.

