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Pour en finir avec Calvin

L’année Calvin s’achève et elle aura été prolifique en publications, conférences, événements de toutes sortes autour du Réformateur de Genève. C’est pour tous les protestants une agréable surprise que de remarquer que le personnage et son œuvre aient suscités autant d’enthousiasme. Pour ma part, j’ai découvert un homme que je connaissait pas vraiment : à la fois sensé et  sensible de par ses idées, son rapport à autrui, sa théologie.

Calvin concevait sa vocation personnelle en relation avec la Bible : il disait que la tâche essentielle du pasteur consiste à lire et à prêcher la Parole de Dieu. Calvin prêchait lui-même tous les jours, sans notes préalablement écrites, dans un langage clair et direct. Ses sermons duraient une heure et portaient sur l’ensemble des Ecritures Saintes. A l’encontre des catholiques (et même de Luther) qui ne voyaient dans l’Ancien Testament que l’annonce du Nouveau, Calvin considérait que toute la Bible était Parole de Dieu. Il disait qu’il y a autant d’amour dans l’Ancien Testament que de « lois » dans le Nouveau. En d’autres termes, il ne suffit pas de se dire « sauvés par la grâce seule », encore faut-il se montrer reconnaissant en se mettant au service de Dieu et du prochain. Cette idée de « reconnaissance » est au cœur de la pensée calvinienne. Elle incombe au croyant une éthique du devoir et de la responsabilité.

Selon Calvin, le fait de se savoir « sauvés » par la grâce nous libère du fardeau de la culpabilité, du remords, de la peur de ne pas être à la hauteur, de l’obsession de toujours avoir besoin de prouver sa valeur aux autres. En bref, il s’agit d’une « bonne nouvelle » : nous sommes libres, nous pouvons souffler, nous ne sommes pas condamnés à travailler sans relâche pour mériter notre salut. Ce message, disons le franchement, ferait le plus grand bien à nos contemporains qui vivent dans une société où les idées de performance, de compétition, et de rentabilité sont dominantes.

Reste que pour Calvin, si nous sommes libres, cela ne signifie pas que l’on doit rester assis les bras croisés. Nous sommes libres, certes, mais libres de faire le bien. Libres de servir, en quelque sorte. Paradoxe ? Seulement en apparence, car le Christ a donné lui-même un commandement nouveau : celui d’aimer. Or l’amour n’est un commandement que lorsque  nous acceptons de faire Sa volonté et non la nôtre. Si nous prétendons aimer Jésus, mais n’obéissons pas aux « lois » qu’il a lui-même instaurées, alors nous ne sommes pas réellement reconnaissant (ni même ses disciples, c’est-à-dire des chrétiens). Et tant que nous refusons de nous engager dans le service de Dieu et du prochain, nous ne savons pas vraiment aimer…

Pasteur Jean-Christophe PERRIN.

1 comment to Pour en finir avec Calvin

  • Belle synthèse en si peu de mots ! Merci ! C’est en effet cette théologie qui éclaire profondément le courant réformé. Et ce pourquoi on peut l’aimer. – J.M.P.

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