Le Week-end du 30 au 31 janvier, nous étions une vingtaine au Prieuré Saint-Thomas à Epernon, à assister à une rencontre œcuménique autour d’une présentation de Madeleine Delbrêl par le prêtre Laurent Percerou et Albert Schweitzer par le pasteur Jean-Christophe Perrin. Lors du culte qui a clôt la rencontre, le pasteur Perrin a commenté la Béatitude « heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » en lisant des extraits du sermon de Schweitzer sur la même Béatitude, dont voici un extrait :
Si Jésus était présent, il nous consolerait en nous disant : « Repasse dans ton cœur les heures de ta vie qui se sont écoulées dans un tranquille bonheur. Si toute ta vie n’avait été qu’une chaîne ininterrompue de réussites, sais-tu ce qu’il serait advenu de toi ? Tu serais aujourd’hui égoïste, dur, isolé, ignorant des grandes aspirations nobles et pures, fermés à Dieu, et jamais tu n’aurais connu la félicité. Quelle maîtresse a été la première à t’enseigner que nous ne vivons pas pour nous-mêmes ? La souffrance. Qui a ouvert ton âme à la félicité de la miséricorde ? La souffrance. Qui a rapproché ton cœur de ceux que tu écartais froidement de ta route ? La souffrance. Qui a fait naître en toi le désir d’une vie plus noble ? La souffrance. Qui t’a fait sentir à tes côtés la présence de Dieu ? La souffrance. Qui t’a fait connaître la joie de savoir que tu as un Père au ciel ? La souffrance ». Et s’il nous parlait ainsi, nous lui dirions : « Désormais, nous saisissons le sens profond de ces mots : Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ; désormais nous marcherons dans la vie, l’âme apaisée » (A. Schweitzer, Sermon sur les Béatitudes, prononcé à l’Eglise Saint-Nicolas de Strasbourg, le dimanche 24 mai 1900, dans Vivre, paroles pour une éthique du temps présent, Paris, Albin Michel, 1970, pp.23-24).
