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Beaucoup de gens n’ont de la religion qu’un rapport sporadique, superficiel, pour ne pas dire superstitieux. Pour eux, tout reste en surface, ils ne cherchent pas à approfondir leur foi, à sonder la profondeur des textes qu’ils lisent, ou à se remettre sérieusement en question. Ils ne savent pas que les perles se trouvent non à la surface des vagues, mais dans la profondeur de l’océan. Ils ont peur de se mouiller et d’aller au fond des choses.
S’ils leur arrivent d’aller à l’église, à moins d’être dans une grande souffrance, les mots prononcés du haut de la chaire, telle l’eau ruisselant sur le duvet d’un canard, ne font qu’effleurer leur esprit sans parvenir à y entrer. Et pour peu qu’ils touchent en eux une corde sensible et les voilà dans l’indignation. Que Jésus ait pu bousculer les convictions de son époque passe encore, mais ils ont du mal à accepter qu’il puisse le faire encore aujourd’hui. N’est-il pas cloué en haut d’une croix ?
Et pourtant, Dieu est amour.
Cela n’a rien de naïf, de vieux, ni de provocateur. C’est la vérité. Et cette vérité nous rendra libre. De quoi ? De notre rancœur, de notre ignorance des choses saines et vraies, de notre enfermement en nous-mêmes. Nous nous aimons souvent trop, mais mal.
« Dieu est amour », ce n’est pas un vain message. Mais il ne suffit pas de le dire ou de l’entendre, encore faut-il le vivre et y croire. Certes, si nous sommes trop occupés à crier à l’injustice, nous ne pourrons entrevoir la voie de la justesse. Si nous ne faisons que panser nos petits maux, nous ne saurons penser avec des grands mots.
L’amour est un grand mot. Un mot avec un A majuscule. Qui se conjugue au passé, au présent, au futur. A toutes les personnes. Pas juste « moi, moi, moi ». Mais aussi Tu. Et le divin Il/Elle, le collectif Nous. Pourquoi est-ce si difficile ? Parce que nous n’osons pas. Nous ne sommes pas du monde, mais nous ne le savons pas. Nous pensons tout savoir. Mais le plus important nous échappe. « L’essentiel est invisible » disait Saint-Exupéry.
JC PERRIN.
