La fête de la paroisse est une tradition et elle se déroule, habituellement chez nous, en fin d’année scolaire. Cependant, depuis quelques années déjà, nous avons remarqué une démobilisation progressive de la part de nos paroissiens. La date ne leur convient peut-être pas, ou ils n’ont peut-être pas le temps, ou peut-être encore que cela ne les intéresse tout simplement pas. Mais se perdre dans la conjecture des « peut-être » ne nous avance à rien. Aussi les conseillers ont-ils pensé que pour redynamiser cet événement, il nous fallait moins focaliser sur une opportunité de faire de l’argent pour la paroisse que sur l’occasion de réellement « faire la fête ».
Bien entendu, cela n’implique pas de boire à ne plus soif jusqu’à en être ivre mort, d’élever les décibels de la musique jusqu’à s’en crever les tympans, ou de danser nu sur les tables en chantant à tue tête des chansons grivoises. Non, car même si cette façon de faire pourrait amuser les esprits mal tournés, nous serions quand même bien loin d’un esprit d’église. Par contre, si la fête de la paroisse devenait l’occasion de fraterniser et de montrer notre appréciation mutuelle, alors elle prendrait tout son sens. L’église a besoin d’argent, elle ne peut certes pas s’en passer, mais les gens – les pierres vivantes qui composent notre église – ont aussi besoin d’affection, de communion, de partage. Nous avons aussi changé la date de cette fête, la mettant un mois plus tôt. Certains diront que le 9 mai, il y a des chances qu’il y ait des absents, le 8 mai étant férié. Bien sûr, tout cela représente un défi.
La famille c’est sacré, mais c’est aussi l’occasion de voir si le sentiment d’appartenance à l’église est assez fort pour convaincre la majorité d’entre nous que notre communauté est à nos yeux une famille non moins importante.
Jean-Christophe Perrin
