Archive for the ‘Cafe Theo’ Category

Cafe Theo du 27/09/08 : Peut on encore parler de péché aujourd’hui?

Friday, October 3rd, 2008

 

Pour plus de détails : lire mes notes (format pdf)

Nous étions un quarantaine de personnes pour cette séance de rentrée du café Théo à la brasserie de l’Etoile de Nogent-Le-Roi, pour la plupart des habitués.

Le pasteur Perrin introduit d’abord le sujet : On parle de mal, de faute, de crime dans la Bible. Dans l’Ancien Testament le péché originel n’apparait pas, même dans le livre de la Genèse. L’ancien testament parle uniquement de la capacité de l’homme à se révolter contre Dieu. A chaque fois que l’homme se révolte, Dieu s’éloigne. Dans l’épitre aux romains, Paul souligne que l’homme ne peut être sauvé que par la foi, par la Grâce, et pas par la loi.

St Augustin, théologien reconnu également par les protestants, a introduit la notion de péché originel, considérant que l’homme nait mauvais, dans le péché. Les protestants ne nient pas le péché originel. Pour Luther la cause première du péché c’est l’homme courbé sur lui-même qui se détourne de Dieu, et se considère comme sa propre fin. De cela découlent tous les autres péchés. Pour Calvin et Luther, l’homme nait mauvais et seule la Grâce peut racheter du péché. C’est pourquoi la liturgie protestante débute par une reconnaissance individuelle du péché, suivie par une déclaration du pardon et une prière de reconnaissance. Aujourd’hui pourtant, on ne veut plus culpabiliser, le mot péché n’est plus à la mode, cela amène à la question «Peut-on encore parler de péché aujourd’hui ? ».

Dans un premier temps, l’assistance s’est exprimée sur l’actualité de la notion de péché.

Le public a ensuite tenté de définir ce qu’est le péché.

Dans une dernière partie nous avons abordé la notion de pardon.

Pour plus de détails : lire mes notes (format pdf)

Le prochain café théo aura lieu le samedi 13 décembre sur le thème de «L’Apocalypse ou la fin dernière», la séance suivante le 7 février (thème à décider ultérieurement).

Philippe Riglet

Cafe theo du 24 mai - Hors de l’Eglise point de Salut ?

Wednesday, May 28th, 2008

Nous étions environ 30 participants à ce café théo dans la brasserie de l’Etoile rénovée par le nouveau propriétaire.

Cafe Théo du 24 mai : Don Edouard explique la position de l'Eglise catholique

Le prêtre, Don Edouard de Végrille, a d’abord rappellé la position de l’Eglise catholique :
- Le premier critère est l’universalité. La profession de foi dite « Credo de Nicée » affirme : « Je crois en l’Église une sainte catholique et apostolique. ». Cela peut soulever des objections : L’Église catholique est elle une église parmi d’autres, si on traduit catholique par universelle? Que veut dire « Église sainte » ?
- Le second critère c’est l’unité. La source de l’Église c’est la Trinité, l’Église est fondée par le Christ. Elle est une de par son âme qui est l’Esprit Saint. Le troisième critère, c’est la succession apostolique. L’Église est une succession d’apôtre en apôtre, à commencer par le successeur de Pierre.

L’Église catholique ne représente toutefois que 50% des chrétiens. Peut-on dire que les autres ne font pas partie de l’Église ? La question de ce café théo est donc : quelle est la nature de l’Église ? Quels en sont les contours ?

Le pasteur, Jean-Christophe Perrin, a ensuite souligné la position protestante :

Les protestants disent la « foi seule », « le Christ seul ». Les catholiques ne disent jamais cela. Il faut travailler le rapport entre Christ et Eglise. Jeanne d’Arc disait « m’est avis que Christ et Église c’est tout un ». Paul disait « un seul Christ, une seule foi, un seul baptême ». Il faut nous poser la question de la prétention hégémonique de l’Église, et celle de l’inter religieux : un membre d’une autre religion peut-il être sauvé ? Se poser la question de l’Église, c’est connaître le Christ. Il y a aussi les croyants non pratiquants pour qui la question d’appartenance à l’Église se pose.

Cafe Théo du 24 mai : L'assistance

Pour la majorité des protestants présents, l’Église est universelle. Dans la profession de foi de Nicée, on parle d’Église catholique (ou universelle), pas d’Église romaine. Plusieurs ont affirmé que l’Église dépasse les institutions humaines. Le Christ en est le centre, le critère de référence c’est l’adhésion au Christ et Dieu seul connaît les limites de son Église. L’un d’entre nous a ajouté que c’est la Bible qui unit catholiques et protestants, et que, grâce à cela, on a depuis dix ans un dialogue qui n’était pas possible avant.

Dans leur majorité les catholiques présents ont semblé d’accord. La limite de l’Église était également difficile à tracer dans le cas de croyants non pratiquants.

Une personne non croyante a parlé ensuite de son cheminement personnel, nous disant qu’elle a le sentiment d’appartenir à l’Église. Quelqu’un a répondu que le baptême n’est pas un besoin absolu pour appartenir à une Église, Don Edouard ajoutant que le baptême n’est pas de nécessité de salut, Jésus pouvant décider de qui il sauve.

Le pasteur a alors relancé le débat sur la définition de l’Église : L’Encyclique « Dominus Iesus », avait été écrite pour rappeler la nécessité de la foi : les fidèles sont tenus de professer une continuité, et l’Église catholique est décrite comme l’unique Église du Christ. Il a rappellé les différences fondamentales avec les autres Églises : la succession apostolique, l’eucharistie. Pour les catholiques l’Église repose sur la succession de Pierre, tandis que pour les protestants elle repose sur le Christ seul.

Pour Don Edouard, ce document est écrit en langage théologique. Il ne décrit pas la frontière de l’Église. Catholiques et protestants ont exprimé avec quelques nuances la même opinion qu’elle est avant tout le rassemblement de ceux qui croient en Jésus, qui adhèrent. Les catholiques ont souligné toutefois l’importance de la succession des apôtres pour l’Église.

Le débat s’est ensuite orienté ensuite sur la pratique religieuse. L’un d’entre nous a mentionné que beaucoup de gens lui disent : « je n’ai pas besoin d’Eglise ». Un jeune a fait remarquer que catholiques et protestants ne lui semblent pas avoir le même besoin de se rendre dans une église. L’église est ouverte tout le temps, le temple est ouvert le week-end seulement.

Plusieurs personnes non pratiquantes ont déclaré que c’est possible de vivre le divin auprès des gens, l’une d’elles disant : « Je ressens plus le divin en m’occupant d’handicapés qu’en assistant au rituel ».

Don Edouard a rappellé que chaque catholique est appelé à la prière individuelle, une part importante de la vie chrétienne est donc hors de la liturgie. Quelques protestants ont souligné le besoin d’étude individuelle de la Bible, quelqu’un disant: « celui qui affine sa foi est pratiquant ». Don Edouard a observé qu’on a en fait plus de pratiquants non croyants que le contraire, et que beaucoup n’ont pas d’adhésion réelle à un Credo. Pour lui, il faut une rencontre individuelle, alors la pratique amènera à vivre dans une communauté chrétienne.

L’heure avançant, le pasteur a rappellé que nous n’avons pas encore parlé du Salut. Une grande variété de définitions a alors été émise, dépassant les frontières des Eglises. Une dame non pratiquante a dit que le Salut ne l’intéresse pas, un autre pense que le Salut est collectif. Plusieurs voient le Salut dans la vie de tous les jours, quand la religion donne un sens à la vie, et pensent que c’est une occasion à saisir tous les jours.

Don Edouard conclut alors : « L’Eglise reconnaît qu’il y a un Salut pour tous les hommes, même si ils ont une autre religion. Tout homme est sauvé par le Christ même si il ne sait pas qui c’est. La frontière de l’Eglise passe à travers notre cœur. On sort de l’Eglise quand on fait le mal. »

Le café théo s’est terminé sur cette remarque. Le prochain aura lieu le samedi 27 septembre sur le thème « Qu’est ce que le péché ? ». Un des participants a proposé d’étudier la possibilité d’un café théo avec les représentants de l’Eglise protestante d’Heddesheim qui viennent en septembre pour un jumelage à Nogent-le-Roi.

Philippe Riglet

Annonce : Café Théo du 24 mai - Hors de l’Eglise point de Salut ?

Monday, May 19th, 2008

Hors de l’Eglise, point de salut ? ou hors du Salut, point d’églises ?

Le café théo de Nogent le Roi, animé par un prêtre catholique et un pasteur de l’ERF, propose à chacune de ces rencontres un débat sur la place publique sur un thème à teneur théologique. Le prochain thème: « Hors de l’Eglise, point de salut ? » Le point d’interrogation est ici nécessaire, car si la phrase remonte au III° siècle, elle a été interprétée de différentes façons selon les époques. Dès la Réforme, les protestants ont été particulièrement visé par cette affirmation que seule l’appartenance à l’Eglise catholique peut garantir le salut. Les déclarations Dominus Iesus (2000) et celle, plus récente, de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2007) vont toujours dans le même sens.

Affiche du café théo du 24 mai -Cliquez ici pour voir l'affiche en plein format (pdf)

L’enjeu du débat ne consiste pas, pour nous, à régler nos comptes avec les catholiques. Nous comprenons que l’Eglise catholique ne se résume pas aux déclarations de Joseph Ratzinger/Benoît XVI, mais qu’elle est composée au contraire d’individus aux croyances souvent très variées, ou du moins de personnes qui sont prêtes à relever le défi du dialogue. C’est pour nous une occasion d’expliquer à nos amis catholiques ce que nous entendons par le mot « église ». Et cela nous donne également la possibilité de réfléchir à notre ecclésiologie. Peut-être ne savons-nous plus très bien nous-mêmes ce que signifie « faire partie d’une église » ?

En outre, le débat renvoie à d’autres débats. En premier lieu, sur la notion du salut : on veut bien être sauvés, mais sauvés de quoi ? Ensuite, sur la notion de la foi : que veulent dire ceux qui disent : « je suis croyant, mais non pratiquant » ? Font-ils eux aussi partie de l’Eglise/de notre église ? Et puis, on peut aussi se demander si les églises existeraient toujours s’il n’y avait pas précisément cette notion de salut au centre de la foi de leurs adhérents.

Jean-Christophe Perrin

Résumé du Café Théo du 8 mars 2008 - Résurrection ou réincarnation ?

Saturday, March 15th, 2008

Nous étions environ 35 participants à ce café théo, autour du prêtre de Nogent-le-Roi Don Edouard de Végrille et du pasteur de Dreux Jean-Christophe Perrin, à la brasserie de l’Etoile à Nogent-le-Roi.Vue de la salle à ma droite. L'ambiance est décontractée devant une boisson mais chacun est attentif aux arguments avancés.

Pour Don Edouard, la Résurrection prend sa source dans la fête de Pâques avec pour modèle le Christ. Il pose quelques questions pour débuter :
« Ressuscité cela veut dire relevé, revenu de la mort. On parle parfois dans la vie courante de mort spirituelle, de résurrection spirituelle, voir de résurrection pour un sportif qui n’en pouvait plus et qui revient en forme. On se pose des questions sur le miracle de Lazare (Jean 11).»

«Dans le Credo de Nicée on parle de résurrection de la chair et pourtant les disciples n’ont pas reconnu le Christ ressuscité. Ils l’ont reconnu à ses gestes, à ses paroles. Le corps de Jésus était il un autre corps ? Etait ce un pur esprit ? D’autres questions concernant les Temps à venir : à quel moment va-t-on ressusciter ? Est-ce à la fin des temps ? Que se passe-t-il dans les temps intermédiaires ? Que va-t-il rester de moi ?»

«Notre résurrection est focalisée sur le Christ, ce n’est pas un principe naturel. La notion de personne est importante. »

J.C. Perrin poursuit : « Ce qui est important c’est l’identité : y a-t-il un ensemble corps - esprit / âme ou bien une dualité corps âme ? »

Une première personne lance le débat, soulignant que la résurrection de Lazare est différente de celle du Christ, il est ramené à la vie, mais il est mort ensuite, un jour.

La majorité des participants est convaincue de la résurrection, avec des arguments très variés :
Pour l’un, croire à la résurrection c’est croire qu’on n’est pas rien, qu’il n’y a pas rien après, qu’on est un être important, qu’on existe quoiqu’il arrive. L’essentiel est « qui suis-je, au moins pour quelqu’un ». Un autre pense qu’à la résurrection on restera soi même car Dieu ne peut pas nier sa créature. Plusieurs affirment que le fait qu’on n’arrive pas à penser sa propre mort implique qu’on a en soi une part d’éternité. Quelqu’un dit que le moi réside dans un sentiment de mémoire, mais la question se pose donc pour ceux qui perdent la mémoire, et les handicapés, sous quelle forme ressuscitent-ils ? Un des participants affirme « La résurrection est liée au Royaume. Le mot réincarnation n’a pas d’importance. Je ne cherche pas comment ça se passe. » Une personne dit qu’elle ne croit pas à la réincarnation car ainsi Dieu abandonne sa créature dans des situations difficiles.

Le pasteur mentionne que l’Ancien Testament nous parle d’Elie élevé au Ciel (2 Rois, 2). Certains juifs au temps de Jésus croyaient qu’il s’était réincarné en Jean Baptiste (Jean 1,21).

Quelques personnes dans la salle croient néanmoins à la réincarnation. Quelqu’un pose la question « la vision scientifique du clonage peut elle modifier notre croyance sur la résurrection ? », l’idée étant alors que des clones auraient tous le même moi, la même personnalité. D’autres, au contraire, font l’objection que même les clones ont chacun leur personnalité qui se forme, de même les jumeaux.

J.C. Perrin fait ensuite un bref rappel sur la notion de réincarnation, souvent mal comprise en occident : « L’Egypte ancienne était obsédée par l’au-delà. Dans le culte d’Osiris, l’âme s’envole comme un oiseau. Chez les grecs le royaume de Hadès est effrayant. Si on n’a pas de sépulture on ne peut pas bénéficier de l’au-delà. Ensuite vient le culte de Déméter et le mythe d’Orphée. Dans le culte orphique, l’âme se réincarne dans des corps successifs jusqu’à ce qu’elle ait atteint un niveau de pureté suffisante. Cette croyance s’est propagée à Pythagore puis Platon, et jusqu’à l’ère chrétienne. La réincarnation introduit un fort niveau d’idéalisme.»

«Dans les différentes formes de religions hindoues, l’idée est qu’il y a une particule de divinité qui est en nous, anime la conscience, et permet d’évoluer selon les actes bons ou mauvais qu’on accomplit.»

«Le bouddhisme décrit la réincarnation comme une succession de changements successifs, mais dans laquelle l’âme personnelle n’est pas conservée, seule une forme d’esprit se transmet. Aujourd’hui il y a un intérêt renaissant pour la réincarnation, introduit par les spirites comme Alan Kardec au 19eme siècle. La tendance récente, new Age, retient que dans la réincarnation on ne fait que progresser. Il faut remarquer que dans la réincarnation le Salut est lié aux efforts, pas à la Grâce.»

«Certaines tendances juives croient à la réincarnation qui est en quelque sorte un temps de réparation. La résurrection c’est le temps de la récompense, au Jugement dernier. »

Henri Blondeau fait remarquer une analogie avec le catholicisme, où le purgatoire correspond en quelque sorte à cette idée de réparation.

Jean-Christophe Perrin conclue : « La réincarnation offre un aspect sécurisant : on peut se racheter, expliquer les inégalités, il y a un aspect cyclique. La résurrection repose sur une analogie avec le Christ. Dans notre propre vie nous pouvons renaître d’une maladie, d’une souffrance, d’un échec. La résurrection est sous tendue par la notion d’espérance. Tout est annoncé par Pâques, et il n’y aurait pas Pâques sans le Vendredi saint. Le Salut c’est la confiance vers un avenir, un monde meilleur. Très majoritairement les chrétiens considèrent la réincarnation comme incompatible avec la résurrection et la foi chrétienne. Cependant il existe des chrétiens qui croient aux deux. »

Pour finir, les organisateurs nous donnent rendez-vous le 24 Mai pour un prochain café théo sur le thème « Hors de l’Eglise point de salut ? » (Cliquez ici pour des renseignements)

Philippe Riglet

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