Archive for the ‘Cafe Theo’ Category

Annonce : Café Théo du 24 mai - Hors de l’Eglise point de Salut ?

Monday, May 19th, 2008

Hors de l’Eglise, point de salut ? ou hors du Salut, point d’églises ?

Le café théo de Nogent le Roi, animé par un prêtre catholique et un pasteur de l’ERF, propose à chacune de ces rencontres un débat sur la place publique sur un thème à teneur théologique. Le prochain thème: « Hors de l’Eglise, point de salut ? » Le point d’interrogation est ici nécessaire, car si la phrase remonte au III° siècle, elle a été interprétée de différentes façons selon les époques. Dès la Réforme, les protestants ont été particulièrement visé par cette affirmation que seule l’appartenance à l’Eglise catholique peut garantir le salut. Les déclarations Dominus Iesus (2000) et celle, plus récente, de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2007) vont toujours dans le même sens.

Affiche du café théo du 24 mai -Cliquez ici pour voir l'affiche en plein format (pdf)

L’enjeu du débat ne consiste pas, pour nous, à régler nos comptes avec les catholiques. Nous comprenons que l’Eglise catholique ne se résume pas aux déclarations de Joseph Ratzinger/Benoît XVI, mais qu’elle est composée au contraire d’individus aux croyances souvent très variées, ou du moins de personnes qui sont prêtes à relever le défi du dialogue. C’est pour nous une occasion d’expliquer à nos amis catholiques ce que nous entendons par le mot « église ». Et cela nous donne également la possibilité de réfléchir à notre ecclésiologie. Peut-être ne savons-nous plus très bien nous-mêmes ce que signifie « faire partie d’une église » ?

En outre, le débat renvoie à d’autres débats. En premier lieu, sur la notion du salut : on veut bien être sauvés, mais sauvés de quoi ? Ensuite, sur la notion de la foi : que veulent dire ceux qui disent : « je suis croyant, mais non pratiquant » ? Font-ils eux aussi partie de l’Eglise/de notre église ? Et puis, on peut aussi se demander si les églises existeraient toujours s’il n’y avait pas précisément cette notion de salut au centre de la foi de leurs adhérents.

Jean-Christophe Perrin

Résumé du Café Théo du 8 mars 2008 - Résurrection ou réincarnation ?

Saturday, March 15th, 2008

Nous étions environ 35 participants à ce café théo, autour du prêtre de Nogent-le-Roi Don Edouard de Végrille et du pasteur de Dreux Jean-Christophe Perrin, à la brasserie de l’Etoile à Nogent-le-Roi.Vue de la salle à ma droite. L'ambiance est décontractée devant une boisson mais chacun est attentif aux arguments avancés.

Pour Don Edouard, la Résurrection prend sa source dans la fête de Pâques avec pour modèle le Christ. Il pose quelques questions pour débuter :
« Ressuscité cela veut dire relevé, revenu de la mort. On parle parfois dans la vie courante de mort spirituelle, de résurrection spirituelle, voir de résurrection pour un sportif qui n’en pouvait plus et qui revient en forme. On se pose des questions sur le miracle de Lazare (Jean 11).»

«Dans le Credo de Nicée on parle de résurrection de la chair et pourtant les disciples n’ont pas reconnu le Christ ressuscité. Ils l’ont reconnu à ses gestes, à ses paroles. Le corps de Jésus était il un autre corps ? Etait ce un pur esprit ? D’autres questions concernant les Temps à venir : à quel moment va-t-on ressusciter ? Est-ce à la fin des temps ? Que se passe-t-il dans les temps intermédiaires ? Que va-t-il rester de moi ?»

«Notre résurrection est focalisée sur le Christ, ce n’est pas un principe naturel. La notion de personne est importante. »

J.C. Perrin poursuit : « Ce qui est important c’est l’identité : y a-t-il un ensemble corps - esprit / âme ou bien une dualité corps âme ? »

Une première personne lance le débat, soulignant que la résurrection de Lazare est différente de celle du Christ, il est ramené à la vie, mais il est mort ensuite, un jour.

La majorité des participants est convaincue de la résurrection, avec des arguments très variés :
Pour l’un, croire à la résurrection c’est croire qu’on n’est pas rien, qu’il n’y a pas rien après, qu’on est un être important, qu’on existe quoiqu’il arrive. L’essentiel est « qui suis-je, au moins pour quelqu’un ». Un autre pense qu’à la résurrection on restera soi même car Dieu ne peut pas nier sa créature. Plusieurs affirment que le fait qu’on n’arrive pas à penser sa propre mort implique qu’on a en soi une part d’éternité. Quelqu’un dit que le moi réside dans un sentiment de mémoire, mais la question se pose donc pour ceux qui perdent la mémoire, et les handicapés, sous quelle forme ressuscitent-ils ? Un des participants affirme « La résurrection est liée au Royaume. Le mot réincarnation n’a pas d’importance. Je ne cherche pas comment ça se passe. » Une personne dit qu’elle ne croit pas à la réincarnation car ainsi Dieu abandonne sa créature dans des situations difficiles.

Le pasteur mentionne que l’Ancien Testament nous parle d’Elie élevé au Ciel (2 Rois, 2). Certains juifs au temps de Jésus croyaient qu’il s’était réincarné en Jean Baptiste (Jean 1,21).

Quelques personnes dans la salle croient néanmoins à la réincarnation. Quelqu’un pose la question « la vision scientifique du clonage peut elle modifier notre croyance sur la résurrection ? », l’idée étant alors que des clones auraient tous le même moi, la même personnalité. D’autres, au contraire, font l’objection que même les clones ont chacun leur personnalité qui se forme, de même les jumeaux.

J.C. Perrin fait ensuite un bref rappel sur la notion de réincarnation, souvent mal comprise en occident : « L’Egypte ancienne était obsédée par l’au-delà. Dans le culte d’Osiris, l’âme s’envole comme un oiseau. Chez les grecs le royaume de Hadès est effrayant. Si on n’a pas de sépulture on ne peut pas bénéficier de l’au-delà. Ensuite vient le culte de Déméter et le mythe d’Orphée. Dans le culte orphique, l’âme se réincarne dans des corps successifs jusqu’à ce qu’elle ait atteint un niveau de pureté suffisante. Cette croyance s’est propagée à Pythagore puis Platon, et jusqu’à l’ère chrétienne. La réincarnation introduit un fort niveau d’idéalisme.»

«Dans les différentes formes de religions hindoues, l’idée est qu’il y a une particule de divinité qui est en nous, anime la conscience, et permet d’évoluer selon les actes bons ou mauvais qu’on accomplit.»

«Le bouddhisme décrit la réincarnation comme une succession de changements successifs, mais dans laquelle l’âme personnelle n’est pas conservée, seule une forme d’esprit se transmet. Aujourd’hui il y a un intérêt renaissant pour la réincarnation, introduit par les spirites comme Alan Kardec au 19eme siècle. La tendance récente, new Age, retient que dans la réincarnation on ne fait que progresser. Il faut remarquer que dans la réincarnation le Salut est lié aux efforts, pas à la Grâce.»

«Certaines tendances juives croient à la réincarnation qui est en quelque sorte un temps de réparation. La résurrection c’est le temps de la récompense, au Jugement dernier. »

Henri Blondeau fait remarquer une analogie avec le catholicisme, où le purgatoire correspond en quelque sorte à cette idée de réparation.

Jean-Christophe Perrin conclue : « La réincarnation offre un aspect sécurisant : on peut se racheter, expliquer les inégalités, il y a un aspect cyclique. La résurrection repose sur une analogie avec le Christ. Dans notre propre vie nous pouvons renaître d’une maladie, d’une souffrance, d’un échec. La résurrection est sous tendue par la notion d’espérance. Tout est annoncé par Pâques, et il n’y aurait pas Pâques sans le Vendredi saint. Le Salut c’est la confiance vers un avenir, un monde meilleur. Très majoritairement les chrétiens considèrent la réincarnation comme incompatible avec la résurrection et la foi chrétienne. Cependant il existe des chrétiens qui croient aux deux. »

Pour finir, les organisateurs nous donnent rendez-vous le 24 Mai pour un prochain café théo sur le thème « Hors de l’Eglise point de salut ? » (Cliquez ici pour des renseignements)

Philippe Riglet

Cliquez ici pour voir les photos

Cafe Théo du 8 Mars 2008 : Résurrection ou réincarnation ?

Wednesday, February 27th, 2008

« Sil n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité; et si Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre prédication et vaine aussi votre foi » (1 Cor. 15.13-14).

Telle est, en deux phrases, le fondement de la foi chrétienne. Mais Paul, qui est l’auteur de cette formulation, exprime aussi le doute qui s’insinue dans la pensée de ses contemporains : comment et sous quelle forme va-t-on ressusciter ? Aurons-nous le corps d’un enfant, d’un adolescent, d’un adulte, d’un vieillard ? Car notre corps physique est passé par ces transformations. S’agit-il du même corps, qui mue et décrépit comme n’importe quel corps dans la nature (celui d’une fleur, d’un animal, d’un fruit, etc.) ou d’une succession de corps différents animés d’une même conscience ? Pour se sortir de cette difficulté, Paul développe l’idée d’une transsubstantiation du corps mortel en un corps spirituel, qui ne meurt pas (1 Cor. 15.40-49).

La réincarnation pose comme principe que le corps est l’enveloppe charnelle de l’âme. L’âme passe d’un corps à l’autre aussi longtemps qu’elle n’a pas su reconnaître, à l’aide du discernement, qu’elle est spirituelle par nature et donc différente des corps successifs qu’elle revêt. Une fois que l’âme prend conscience qu’elle est de nature spirituelle et non matérielle, elle est libérée des maux répétés de l’existence, car rien de matériel ne peut plus l’affecter. Le problème qui se pose alors, tant au sein du bouddhisme que de la philosophie indienne du Védânta, est de savoir si l’âme (âtman) possède une forme (comme celle du corps) ou est impersonnelle.

Il est de coutume d’opposer la conception de la résurrection à celle de l’immortalité de l’âme. Pourtant, une étude attentive du Nouveau Testament révèle que les textes affirment non seulement la résurrection, mais aussi l’immortalité de l’âme. Constater et respecter cette diversité d’expressions de la vie éternelle dans la Bible, c’est accepter que la Bible est traversée par des options théologiques très variées, voire parfois opposées. La Bible permet de fonder des théologies divergentes les unes par rapport aux autres. Le canon des Ecritures devrait ainsi nous mettre à l’abri de toute unité théologique imposée comme une sorte d’uniformité monocorde.

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Cliquez ici pour voir un résumé de ce café théo

Bibliographie :

Bhagavad-gîtâ, traduction et présentation par Marc Ballanfat, Paris, Flammarion, 2007.

Marie-Emile Boisnard, Faut-il encore parler de « résurrection » ? Les données scripturaires, Paris, Cerf, 1995.

Oscar Cullman, Immortalité de l’âme ou résurrection des morts ? Le témoignage du Nouveau Testament, L’actualité protestante, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1956 (rééd. 1996).

Sogyal Rinpoché, Le Livre Tibétain de la vie et de la mort, Paris, éd. De la Table Ronde, 1992.

Wikipédia.org = Réincarnation.

w.w.w. lamed.fr Le judaïsme croit-il en la réincarnation ?

Jean-Christophe Perrin

Résumé du Café Théo du 1er décembre

Tuesday, December 4th, 2007

Nous étions nombreux, environ 45 à 50 personnes, ce samedi soir 1er décembre pour le café Théo sur le thème « Satan existe-t-il » à la brasserie de l’Etoile à Nogent le Roi. 17 d’entre elles nous ont dit venir pour la première fois.

Comme d’habitude le pasteur Jean-Christophe Perrin et le prêtre Dom Edouard de Végrille se partagent l’introduction pour lancer le débat (voir aussi notre article de présentation du 26 novembre.)

Nous nous installons dans la salle Le pasteur et le prêtre lancent le débat
    Le pasteur et le prêtre  introduisent le débat  Le débat se déroule dans une ambiance décontractée autour d’un verre

Pour l’Eglise catholique, l’existence de Satan est certaine et enseignée dans le catéchisme de l’Eglise, comme dans ses actes liturgiques (cf baptême : renoncez vous à Satan ..). La théologie récente voit cependant Satan plutôt comme un mythe. L’expansion de rites sataniques chez les jeunes est une source d’inquiétude. Les plus touchés sont ceux qui n’ont aucune culture religieuse. Internet est malheureusement un vecteur de diffusion efficace pour ces rites. Cette mode du satanisme se propage aussi dans la musique «dead metal», ainsi que dans la mode «gothique», et sa symbolique (symbole diabolique 666, croix inversées etc..). Bien que cela soit inquiétant, on peut plutôt voir cette mode comme une réaction contre la société, contre l’Eglise catholique.

Le pasteur Perrin présente ensuite un historique des représentations et croyances autour de Satan.
Dans la mythologie on retrouve des divininités païennes telles que Moloch, Leviathan, Baal, Belzébuth.. En Egypte on trouve Seth qui symbolise le mal en lutte contre le bien symbolisé par Osiris et Horus. Chez les romains, Pan est représenté sous forme de bouc, il personnalise l’orgie, la luxure. Dans Mathieu 25, les pécheurs sont décrits sous la forme de bouc.  Le pasteur distribue au public des images de Satan imprimées à partir d’Internet. Dans le Nouveau Testament, Satan est plutôt décrit comme le Malin, le Tentateur, le Diviseur, que comme une créature effrayante. Les protestants ne sont pas tous d’accord au sujet de Satan. Les réformateurs comme Luther croyaient en l’existence de Satan, comme les protestants évangéliques de nos jours, mais l’Eglise Réformée de France ne professe aucune croyance officielle à ce sujet.   L ‘Eglise Réformée confesse le péché et le salut par la Grâce, elle n’éprouve pas de réel besoin de penser que le diable est une personnalité. Le pasteur lance donc le débat : « Et pour vous, Satan existe-t-il? Est ce un mythe, une abstraction, ou une réalité? »

Une première remarque exprimée est que dans l’Evangile quand Jésus parle de Satan, il semble ne pas parler d’une abstraction, mais plutôt parler à une créature surnaturelle, par exemple dans le passage de la tentation au désert.

D’autres verraient plutôt Satan comme une énergie, une philosophie…

Un autre passage de la Bible cité est le livre de Job, dans lequel Satan va de la terre au ciel et vient mettre Dieu au défi de mettre Job à l’épreuve, ce que Dieu accepte. Satan serait-il une créature de Dieu ?, une créature angélique qui va du ciel à la terre ?
D’autres pensent que Satan est une créature qui se révolte, comme Adam et Eve se sont révoltés au jardin d’Eden.

Un autre avis exprimé est que Dieu et Satan sont tous deux en nous comme une force, et que nous sommes sans arrêt confrontés à ces forces, qu’il nous faut sans arrêt lutter contre le mal.

Certains protestants disent croire en l’existence de Satan qui se manifeste sous la forme du tentateur, du malin, de même qu’une majorité des catholiques présents.

Nous avons ensuite tenté de définir une explication de Satan, créature angélique révoltée, sans réellement y parvenir. Le pasteur remarque que les opinions de l’assistance semblent très influencées par les doctrines officielles des églises, et leur culture religieuse.

Pasteur et prêtre concluent enfin cette soirée en rappelant aussi la mode de l’occultisme (par exemple dans le Da Vinci code), et la symbolique grotesque du carnaval avec ses masques de démons.
Tous deux se retrouvent pour le mot de la fin : que Satan existe ou non n’a pas trop d’importance, il faut aller lire la Bible.

Si vous voulez en savoir plus téléchargez le résumé de Jean-Christophe Perrin

Les 2 animateurs nous donnent rendez-vous pour le prochain Café Théo du 8 Mars sur le thème de «Résurection ou Réincarnation ?»

Philippe Riglet