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	<title>Eglise Réformée de Dreux Marsauceux &#187; Meditations &#8211; Edito</title>
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	<description>Eglise Réformée de France - Paroisse de Dreux Marsauceux - Bienvenue</description>
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		<title>Démythologiser le texte pour mieux l’appréhender</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 18:15:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[Bulman]]></category>
		<category><![CDATA[JC Perrin]]></category>

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		<description><![CDATA[ Tel était, dès 1926, le projet du théologien allemand Rudolf Bulmann. Il existe une différence, à cet égard, entre démystifier et démythologiser. La démystification est l’œuvre de l’incroyance ; la démythologisation, l’œuvre de la foi. Le texte que nous avons sous les yeux, fût-il biblique, doit être soumis à une certaine critique pour être bien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"> Tel était, dès 1926, le projet du théologien allemand Rudolf Bulmann. Il existe une différence, à cet égard, entre démystifier et démythologiser. La démystification est l’œuvre de l’incroyance ; la démythologisation, l’œuvre de la foi. Le texte que nous avons sous les yeux, fût-il biblique, doit être soumis à une certaine critique pour être bien compris. Il s’agit avant tout de s’attaquer aux fausses croyances, aux illusions (sur soi, sur Dieu, sur le monde), aux vérités toutes faites (même lorsqu’elles sont érigées en dogmes par l’Eglise). Ce n’est qu’à ce prix que l’on peut ensuite retrouver la saveur de l’œuvre. Ici le problème du mythe prend un nouvel aspect. Il n’est pas seulement un masque à percer, mais une expression symbolique à réinterpréter. Le texte doit être lu du point de vue de son kérygme, de son message existentiel, appelant le destinataire à une nouvelle compréhension de soi. Croire et comprendre, foi et compréhension sont indissolublement liés. </p>
<p align="justify"> En d’autres termes, un message m’est adressé à moi, aujourd’hui, citoyen du XXI° siècle, et c’est à moi de le décoder et de me l’approprier par une lecture critique et assidue. La prédication qui s’ensuit est le lieu de la déconstruction des illusions et de la reconstruction d’un sens.</p>
<p><strong>JC PERRIN</strong></p>
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		<title>Comment expliquer l’islamophobie ?</title>
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		<pubDate>Sun, 08 May 2011 07:21:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[JC Perrin]]></category>

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		<description><![CDATA[ Cliquez sur le lien ci-dessus pour imprimer
 Une phobie est une peur face à un danger exagéré, voire imaginaire. Durant la guerre froide, les Russes suscitaient la peur dans le monde « libre ». Aujourd’hui, ce sont les « terroristes » qui nous font peur et on les croit confinés au monde arabe. Mais le problème est plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Note: There is a print link embedded within this post, please visit this post to print it.<br />
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<p align="justify"> Une phobie est une peur face à un danger exagéré, voire imaginaire. Durant la guerre froide, les Russes suscitaient la peur dans le monde « libre ». Aujourd’hui, ce sont les « terroristes » qui nous font peur et on les croit confinés au monde arabe. Mais le problème est plus complexe et la menace tout aussi diffuse, car si autrefois il y avait des communistes partout, il en va de même pour les terroristes aujourd’hui : on en trouve même à la Maison Blanche. </p>
<p align="justify"> On aurait tort de négliger le rôle des émotions dans la géopolitique. La peur, du côté de l’Occident, est un catalyseur puissant, car elle génère le patriotisme. Désormais, il n’y a qu’un ennemi à craindre et à abattre : l’autre (qui est souvent un barbu). Du côté arabo-musulman, c’est l’humiliation qui est l’émotion dominante. On a tendance à l’oublier, mais il y a eu un « âge d’or » de l’Islam, un âge qui fut prospère économiquement et culturellement : que l’on pense à l’algèbre et l’arithmétique, à la redécouverte de la philosophie grecque par les penseurs arabes, aux Mille et une Nuits. Puis ce fut le lent déclin, à partir de la Renaissance européenne. Ensuite la colonisation. Enfin le faux espoir d’une indépendance dans des pays morcelés par l’ONU et dominés par l’impérialisme américain. La création de l’Etat d’Israël, la défaite des nations arabes lors de la Guerre des Six Jours, n’a fait qu’accentuer la nostalgie d’une grandeur passée chez les Arabes. La défaite de l’Union soviétique en Afghanistan n’a pas suffit pas à alléger le sentiment d’humiliation dont souffre l’Islam, puisque l’Occident en était responsable. Mais elle renforça au contraire le désir de vengeance des intégristes, avec les résultats que l’on sait : le 11 Septembre et tous les événements qui en découlent.</p>
<p align="justify"> La culture musulmane de l’humiliation, à laquelle l’Occident a largement contribué, engendre en réaction de la violence. Il n’y a pas d’homme plus dangereux que celui qui a été humilié. L’oppression, le désespoir ou l’esprit de vengeance sont des incubateurs de la radicalisation. De l’autre côté de la médaille, c’est à dire chez nous, c’est la peur. Les médias savent susciter les passions chez leurs auditeurs, en montrant des reportages chocs qui créent l’indignation, la colère, la haine ; des émotions qui ont toutes la peur en toile de fond. Qu’on le comprenne bien : le  terrorisme n’est pas un ennemi mais une tactique qui continuera d’être utilisée aussi longtemps que des hommes la jugeront efficace. On lave un affront en semant la terreur.</p>
<p align="justify"> De temps en temps, il serait bon que nos politiciens, au lieu de jouer avec les émotions des citoyens à l’aide de scoops médiatiques – que ce soit l’arrestation de Saddam Hussein qui a grandement servi à la campagne de réélection de Georges Bush, ou de l’assassinat du chef d’Al Qaïda qui sert tout autant les intérêts de Barak Obama – fassent preuve d’un peu plus de dignité en privilégiant la raison. Honnêtement, y a-t-il une différence (humaine, c’est-à-dire morale) entre le reportage de Palestiniens réjouis de l’attaque des Twins Towers au lendemain du 11 septembre et des New-yorkais éclatant de joie à la nouvelle de la mort de Ben Laden ? Et je ne parle pas de cette raison qui justifie les passions (« ce sont eux qui ont commencé »), mais de celle qui sait prendre ses distances par rapport aux flambées émotives.</p>
<p align="justify"> Le christianisme connaît aussi l’affrontement entre un engagement passionné et une réflexion critique. Les plus impétueux tentent toujours d’expliquer et de convaincre les autres qu’ils ont raison. Les plus exaltés voient même un danger dans l’exercice de la raison. Certains vont jusqu’à faire l’éloge de la sainte ignorance, de la simplicité d’esprit, de la piété aveugle. Ils cultivent le surnaturel, le mystérieux, le miraculeux et l’irrationnel, proclamant « je crois parce que c’est absurde » (selon l’axiome célèbre). A l’opposé, pour éviter une dérive vers l’obscurantisme et la superstition, certains privilégient une foi raisonnée et raisonnable.</p>
<p align="justify"> En bref, que ce soit en matière de politique ou de religion, je pense que les passions sont mauvaises conseillères. Il est naturel d’éprouver des émotions et d’avoir des sentiments. Cependant, on ne devrait pas en rester là. Cultiver l’émotivité de masse, se faire soi-même  dominer par les émotions, par l’irrationnel, est le plus sûr moyen de s’engager dans des actes mesquins et violents. C’est aussi le plus sûr moyen de justifier sa propre violence.</p>
<p align="justify"> Y a-t-il des guerres justes ? Je ne pense pas. Par contre, cela ne veut pas dire qu’il fasse  refuser le combat. L’évangile est un combat. Un combat contre l’ignorance, l’intolérance et la dérive des émotions : la peur, la colère, la jalousie, l’envie, l’humiliation. Jésus est venu nous libérer de tout cela. Non pas qu’il n’y ait pas d’émotions saines. Un humain sans émotion est un robot. En revanche, un humain qui n’est qu’émotion n’est qu’un enfant, un adulte qui n’a pas su grandir, un chrétien qui n’a pas vraiment confirmé son baptême. </p>
<p align="right"><strong>JC PERRIN</strong></p>
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		<title>Que d’histoire !</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Apr 2011 15:21:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[Bible]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[JC Perrin]]></category>

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		<description><![CDATA[ Cliquez sur le lien ci-dessus pour imprimer
En anglais, l’histoire que l’on raconte (story), diffère de l’histoire qui a marqué les jalons d’une nation  (history). Or, si en français c’est le même mot qui est utilisé dans les deux cas,  nous accordons cependant plus de sérieux à l’histoire qui rapporte des faits qu’à une histoire racontée. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Note: There is a print link embedded within this post, please visit this post to print it.<br />
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<p align="justify">En anglais, l’histoire que l’on raconte (<em>story</em>), diffère de l’histoire qui a marqué les jalons d’une nation  (<em>history</em>). Or, si en français c’est le même mot qui est utilisé dans les deux cas,  nous accordons cependant plus de sérieux à l’histoire qui rapporte des faits qu’à une histoire racontée. Pour une partie non négligeable de la société, les histoires de la Bible ne sont donc que des affabulations, car elles ne sauraient être vraies au sens historique du terme. Mais cette façon de penser ne tient pas compte d’une troisième alternative, à savoir qu’il est possible, en l’occurrence dans la  Bible, de combiner l’histoire (<em>history</em>) avec une histoire (<em>story</em>).</p>
<p><div class="wp-caption aligncenter" style="width: 360px"><a href="http://www.erf-dreux.net/articles/2011_04_03_GYZIS_Historia.jpg" target="_blank"><img title="Nikolaus Gysis - 1892 - Historia" src="http://www.erf-dreux.net/articles/2011_04_03_GYZIS_Historia_w350.jpg" alt="Nikolaus Gysis - 1892 - Historia" width="350" height="350" /></a><p class="wp-caption-text">Nikolaus Gysis - 1892 - Historia</p></div>
<p align="justify">Tout mythe, toute légende, s’inscrit dans l’histoire. Cette historicité peut être comprise dans un sens positif, comme une qualité d’ouverture et d’inachèvement, et donc comme la tâche assignée à la raison humaine d’approfondir constamment sa perception de la vérité ; mais elle peut aussi signifier qu’il n’existe pas de vérité, ou que nous ne pouvons l’appréhender de façon adéquate, que nous ne pouvons même pas l’appréhender du tout.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 360px"><a href="http://www.erf-dreux.net/articles/2011_04_03_IMG_4344.jpg" target="_blank"><img title="Nikolaus Gysis - 1892 - Historia" src="http://www.erf-dreux.net/articles/2011_04_03_IMG_4344_w350.jpg" alt="La Bible de Marsauceux" width="350" height="350" /></a><p class="wp-caption-text">La Bible de Marsauceux - La Bible est pour le chrétien une révélation qui transcende l'histoire</p></div>
<p align="justify">La théologie dogmatique se trompe si elle entend transmettre des thèses particulières, au lieu d’envisager la foi comme un événement vivant que nous devons sans cesse chercher à comprendre. La théologie ne consiste pas à répéter des vérités toutes faites ou à défendre des idées qui n’ont plus cours aujourd’hui. La tâche primordiale du théologien est d’étudier la Parole qui a été donnée une fois pour toutes, à examiner les différentes interprétations auxquelles elle a donné lieu au cours de l’histoire, à réfléchir à la cohérence interne du message chrétien et à l’assumer face aux questions du temps. Si, dans le passé, c’est surtout l’existence de courants hérétiques au sein du christianisme qui suscitait les efforts de clarification dogmatique, les théologiens doivent aujourd’hui relever les grands défis du présent comme des « signes du temps » qu’il s’agit d’interpréter à la lumière de l’Evangile.</p>
<p align="justify">Le défi lancé à la théologie, c’est de savoir comment la foi peut être préservée à travers les époques successives de l’histoire et les cultures différentes auxquelles elle a été exposée. Le défi est toujours présent, car nos sociétés modernes sont pluriculturelles. L’autre aspect de ce défi – on pourrait dire qu’il lui est concomitant – concerne la révélation de Jésus-Christ qu’aucun croyant, fût-il théologien, n’a fini de comprendre et d’assimiler. Cette révélation transcende l’histoire, même si elle s’incarne dans une histoire que l’on raconte.</p>
<p align="right"><strong>JC PERRIN </strong></p>
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		<item>
		<title>Aniconisme et ineffabilité du Dieu biblique.</title>
		<link>http://erf-dreux.net/Blog/2011/03/04/aniconisme-et-ineffabilite-du-dieu-biblique/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Mar 2011 18:01:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; 
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 Le Nom de Dieu YHWH est imprononçable, car on ne connaît pas les voyelles permettant de l’énoncer. Ce Nom revient cependant 6 823 fois dans la Bible hébraïque. Le plus souvent, ce nom est subtilisé par Adonaï à la lecture.
Dieu a encore d’autres noms dans l’Ancien Testament, [...]]]></description>
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<p align="justify"> Le Nom de Dieu YHWH est imprononçable, car on ne connaît pas les voyelles permettant de l’énoncer. Ce Nom revient cependant 6 823 fois dans la Bible hébraïque. Le plus souvent, ce nom est subtilisé par Adonaï à la lecture.</p>
<p align="justify">Dieu a encore d’autres noms dans l’Ancien Testament, en particulier El et ses dérivés. </p>
<p align="justify"> El : ce nom appartient au vocabulaire commun des peuples sémitiques et signifie « fort, puissant comme un chêne ». Les Cananéens appelaient El le père de leurs dieux, le chef de leur panthéon. El et Ba’al (son fils) représentent les deux aspects de la divinité : El, l’ancien des jours, symbolise la sagesse de l’expérience (à l’instar de Kronos) ; Ba’al incarne la jeunesse du héros qui triomphe de tous les périls (à l’instar de Zeus). Ba’al est le dieu de la pluie et de la fécondité. Dans la Bible, Ba’al se trouve en concurrence avec YHWH. Et le Dieu de la Bible se sent blessé quand son peuple adore Ba’al. Par la suite, Ba’al a été démonisé : il est alors appelé Ba’al Phégor ou Ba’al Zébuth. El, pour sa part, est utilisé par les Hébreux comme un titre désignant la divinité. De la même manière le grec <em>theos</em>, latinisé en <em>deos</em> (dieu en français) dérive probablement du terme <em>zeus</em>. Mais quand nous parlons de Dieu, nous n’avons pas en tête Zeus, le dieu de la foudre, mais le Père infigurable et invisible. </p>
<p align="justify"> Autres dérivés : Eloha, signifie « celui qui fait frémir les créatures » ou, à l’inverse : « celui qui protège contre toute peur ». Elohim est le pluriel de El. En arabe, El devient Allah. Le substitut Adonaï signifie « maître », on le retrouve également au pluriel et parfois combiné en Adonaï-Elohim que l’on traduit par « Seigneur Dieu ». </p>
<p align="justify"> En islam, la Révélation divine ne se limite pas exclusivement au Coran. Par rapport au christianisme, l’islam fait un retour à l’absolue Transcendance de l’Être suprême, Allah, sans autre que Lui seul. En outre, si Allah est unique, il porte dans sa Révélation originale 99 noms différents de même que, dans l’hébraïsme, Elohim contient l’unité plurielle dans son Nom. </p>
<p align="justify"> Les Hébreux ont privilégié l’aniconisme, l’absence totale de toute icône, ou image,  représentant Dieu. A la différence des temples païens, le Saint des Saints, le lieu le plus sacré au cœur du Temple de Jérusalem, était vide. Ainsi, Tacite, évoquant l’entrée des Romains dans Jérusalem en 63 av. JC, dit : « Pompée fut le premier Romain qui ait dompté les Juifs et qui, par droit de conquête, pénétra dans le Temple : c’est alors que se répandit le bruit que le Temple ne contenait aucune figure de dieux, que le sanctuaire était vide et ne cachait aucun mystère » (Tacite, <em>Histoires</em> V, 9). Cette vacuité de la pièce la plus sacrée du temple est confirmée par Flavius Josèphe : « Le saint des Saints était séparée de la partie extérieure par un voile. A L’intérieur, il n’y avait rien du tout ; c’était la partie la plus inaccessible, la plus inviolable et la plus invisible de toutes » (<em>Guerre juive</em> V, 219). </p>
<p align="right"><strong>JC PERRIN</strong></p>
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		<title>Les dix paroles</title>
		<link>http://erf-dreux.net/Blog/2011/02/13/les-dix-paroles/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Feb 2011 17:41:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>

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 Depuis Paul, les chrétiens ont pour habitude d’appeler la manière juive de pratiquer la religion par le dénominatif « Loi ». Ce terme est supposé traduire l’hébreu mitzva, mais il ne figure nulle part au singulier dans le judaïsme : on y parle bien de 613 mitzvoth, mais il [...]]]></description>
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<p align="justify"> Depuis Paul, les chrétiens ont pour habitude d’appeler la manière juive de pratiquer la religion par le dénominatif « Loi ». Ce terme est supposé traduire l’hébreu <em>mitzva</em>, mais il ne figure nulle part au singulier dans le judaïsme : on y parle bien de 613 <em>mitzvoth, </em>mais il s’agit d’observance, pour la plupart d’ordre éthique, et non de « lois ». De la même manière, sur le Sinaï,  Moïse reçoit de Dieu plutôt dix « paroles » (déca-logue) que dix « commandements » : cinq d’entre elles concernent d’ailleurs la divinité et cinq autres concernent le prochain. Ce sont ces cinq dernières que l’on pourrait appeler des « lois », car elles sont aux fondements de  la justice pratiquée entre les hommes. </p>
<p align="justify">  Une autre erreur que nous, chrétiens, avons tendance à commettre, c’est de penser que les juifs sont fiers d’appartenir au peuple « élu » et d’être les dépositaires de la « Loi ». Une légende juive raconte pourtant qu’avant de donner les « dix paroles » à Israël, Dieu les a proposées aux autres peuples. Il est allé voir les fils d’Esaü et leur demanda : « Voulez-vous ma Thora ? » Ils ont répondu : « Qu’y a-t-il écrit dedans ? » &#8211; « Tu ne tueras pas ! » &#8211; « Non merci, répondirent les fils d’Esaü car nous ne  voulons pas renoncer à la bénédiction de notre père qui, en nous quittant, a dit : « Vous vivrez par l’épée ».</p>
<p align="justify">  Ensuite, il est allé voir les fils d’Ammon et de Moab pour leur proposer la Torah. Ces derniers lui ont demandé ce qu’il y avait dedans et Dieu de répondre : « Tu ne vivras pas dans la débauche ». Les fils d’Ammon et de Moab ont alors répondu qu’ils étaient nés dans la débauche et qu’ils aimaient la débauche ; la Torah ne les intéressait donc pas.</p>
<p align="justify">  Dieu est ensuite allé voir tous les autres peuples pour leur proposer la Torah, mais ils avaient tous une bonne raison de la refuser. Il s’est finalement tourné vers Israël et les Hébreux ont accepté la Torah. Le peuple juif n’aurait donc pas été choisi à l’exclusion des autres, mais serait le seul à avoir accepté de porter la lourde responsabilité de recevoir la « Loi ».</p>
<p align="justify">  Après deux mille ans de mécompréhension, de persécution et de rejet, les chrétiens ont enfin pris conscience de la dette qu’ils avaient envers le peuple juif, notamment en ce qui concerne  les textes de la Première Alliance. Plusieurs théologiens, comme Karl Barth et Jacques Ellul, ont aussi précisé que Dieu n’avait pas renié son peuple et que celui-ci était toujours porteur de la promesse faite à Abraham.</p>
<p align="justify"> Notre culture religieuse s’enracine d’abord dans la culture juive, avant de subir les influences de la culture gréco-romaine. Jésus étant juif, il s’est exprimé durant tout son ministère comme un rabbi, un « maître », et il a dit : « je ne suis pas venu abolir la Loi et les Prophètes, mais les accomplir ». Beaucoup ont tenté d’expliquer ce qu’il voulait dire par « accomplir » : cela veut dire « parfaire », « rendre plus clair », « actualiser les prophéties ». Mais une définition  récapitule à elle seule toutes les autres, c’est celle de « réinterpréter ». Jésus réinterprète la Loi et, ce faisant, lui donne un sens plus clair, plus parfait, plus ancrée dans l’actualité.</p>
<p align="right"><strong>JC PERRIN </strong></p>
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		<title>Le secret de la vie &#8211; Une méditation de Noël</title>
		<link>http://erf-dreux.net/Blog/2011/01/06/le-secret-de-la-vie-une-meditation-de-noel/</link>
		<comments>http://erf-dreux.net/Blog/2011/01/06/le-secret-de-la-vie-une-meditation-de-noel/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 Jan 2011 19:02:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[JC Perrin]]></category>
		<category><![CDATA[Noel]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet article humoristique est tiré d&#8217;une liturgie adaptée aux enfants et aux ados présents lors de notre culte de Noël familial.
Un jour, un disciple demanda à son maître : « Maître, quel est le secret de la vie ? »
- Je ne peux pas te le dire, répondit le maître.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est un secret.
Déçu, notre jeune ami [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><em>Cet article humoristique est tiré d&#8217;une liturgie adaptée aux enfants et aux ados présents lors de notre culte de Noël familial.</em></p>
<p align="justify">Un jour, un disciple demanda à son maître : « Maître, quel est le secret de la vie ? »</p>
<p>- Je ne peux pas te le dire, répondit le maître.<br />
- Pourquoi ?<br />
- Parce que c’est un secret.</p>
<p align="justify">Déçu, notre jeune ami s’en alla et, chemin faisant, rencontra le Pape, alors que celui-ci s’apprêtait à partir à bord de sa papamobile.<br />
Savez-vous ce qu’est une papamobile ?</p>
<p>C’est un pape au-dessus et 16 sous-papes en dessous.</p>
<p>C’est une voiture immatriculée conception<a href="#_ftn1">[1]</a>.</p>
<p>Le jeune homme demanda au Pape : « Ô Souverain Pontife, quel est le secret de la vie ? »</p>
<p align="justify">Le saint Père répondit : « Partir c’est mourir un peu, mourir c’est partir beaucoup<a href="#_ftn2">[2]</a> ». Puis il se ravisa et dit : « L’éternité c’est long, surtout vers la fin<a href="#_ftn3">[3]</a> ».</p>
<p>Déçu, le disciple reprit sa route et tomba sur un logicien. Un logicien, c’est quelqu’un qui a toujours raison ; même quand il a tort, il vous démontre qu’il continue d’avoir raison.</p>
<p>L’homme lui demanda : « Ô maître à penser, quel est le secret de la vie ? »</p>
<p align="justify">L’intellectuel réfléchit longuement, puis répondit d’une manière toute spirituelle : « Le secret de la vie, c’est savoir se limiter à ce qu’il nous est vraiment possible de faire. Par exemple, il est plus facile de se laver les dents dans un verre à pied que les pieds dans un verre à dents ».</p>
<p align="justify">Déçu, le jeune homme alla trouver le Christ. Jésus avait bien grandi,  depuis sa naissance dans une crèche entouré d’un âne et d’un bœuf. Il était maintenant devenu un adulte et avait lui-même de nombreux disciples. Certains disaient que c’était lui le Messie. D’autres disaient « mais non », alors que d’autres disaient « mais si ».</p>
<p>Le jeune homme demanda à Jésus : « Ô Sublime, quel est le secret de la vie ? »</p>
<p align="justify">Jésus le regarda avec affection et répondit : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? Cherchez d’abord le Royaume et sa justice et toutes ces choses vous seront données en plus. Ne vous inquiétez donc pas pour le  lendemain, car le lendemain s’inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine ».</p>
<p align="justify">Tel est le secret de la vie. Celui ou celle qui est capable de suivre cette simple instruction se sera plus victime des souffrances dues à l’angoisse ou à la dépression.</p>
<p align="right"> Jean-Christophe Perrin </p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> C’est de Coluche.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Ibid. Décidément, on a un pape coluchéen. Ça n’est pas plus mal, me direz-vous.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Et ça c’est de Woody Allen. Le répertoire du Pape laisse à douter.</p>
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		<title>Foi et religion</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Oct 2010 15:15:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[Dietrich Bonhoeffer]]></category>
		<category><![CDATA[JC Perrin]]></category>
		<category><![CDATA[Karl Barth]]></category>

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 Karl Barth (1886-1968) faisait une distinction entre foi et religion. Selon lui, la religion vient de l’homme qui, par ses propres moyens, son intelligence ou sa piété, essaie de découvrir le chemin du salut et de s’élever jusqu’à Dieu. Une telle entreprise est condamnée à l’échec. [...]]]></description>
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<p align="justify"> Karl Barth (1886-1968) faisait une distinction entre foi et religion. Selon lui, la religion vient de l’homme qui, par ses propres moyens, son intelligence ou sa piété, essaie de découvrir le chemin du salut et de s’élever jusqu’à Dieu. Une telle entreprise est condamnée à l’échec. Elle ne peut aboutir, dans le meilleur des cas, qu’à une idole. En effet Dieu, le vrai Dieu, le Dieu vivant est hors de notre portée. Il est le « tout autre », inaccessible. Par lui-même, l’homme ne peut ni s’en approcher, ni le connaître, ni en parler. </p>
<p align="justify">  La foi, quant à elle, n’est jamais une initiative de l’être humain, elle est sa réponse à un acte de Dieu. C’est Dieu qui appelle et c’est l’homme qui répond. L’appel ne dépend pas des mérites de la créature humaine, mais relève d’une miséricorde divine infinie. La foi est l’œuvre de la grâce et toutes deux mènent au salut. La foi justifie l’homme pécheur, qui, du coup, devient <em>simul peccator et justus</em> (« à la fois pécheur et juste »). </p>
<p align="justify">  La religion repose sur les compréhensions propres à chaque individu, à son choix de textes puisés au gré de ses lectures, sur des croyances superstitieuses qui font de Dieu un Être que l’on peut contraindre à notre service à coups de rites plus ou moins magiques. En revanche, la foi n’est pas fondée sur les capacités de l’homme, sur sa spiritualité, mais seulement sur la  Parole de Dieu, sur ce que Dieu nous dit de lui-même en Jésus-Christ. </p>
<p align="justify"> Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) pensait également qu’il ne fallait pas faire de Dieu un bouche-trou, une utilité pour suppléer à nos manques, qu’il fallait abandonner la pensée infantile d’un Dieu qui solutionne tous nos problèmes. Ces deux théologiens allemands voyaient donc avec méfiance la religiosité naïve de l’être humain, car ils la trouvaient suspect de cette idolâtrie qui est une constance menace pour la foi. </p>
<p align="justify"> Dans le meilleur des cas, la prédication devrait viser à rétablir cette différence. Au lieu de se contenter de satisfaire un auditoire en lui donnant ce dont il a envie ou ce qu’il aimerait entendre, le prédicateur ferait mieux de se souvenir que c’est la Parole de Dieu qui est la norme. Or la proclamation de cette Parole peut parfois choquer. En effet, l’Evangile ne nous enjoint pas de suivre un Dieu Père Noël mais le Dieu qui s’est révélé sur une Croix. La quête des miracles, du merveilleux et du sensationnel, qu’éprouvent naturellement un bon nombre de nos concitoyens ne fait que les éloigner de cette révélation. </p>
<p align="justify">  Bien sûr, ce serait dans le meilleur des cas. Car dans la réalité, une prédication trop musclée, trop dénuée de ce réconfort mielleux qui provient de l’opium de vérités toutes faites, risque de désenchanter les paroissiens qui auront tôt fait de rechercher une consolation ailleurs, dans une autre paroisse ou dans d’autres illusions (la drogue, la politique, les romans à l’eau de rose, l’ésotérisme, etc.). Bonhoeffer lui-même avait beaucoup de mal à répondre à cette question : comment se représenter un christianisme qui ne soit pas religieux ? </p>
<p align="right"><strong>Jean-Christophe PERRIN </strong></p>
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		<title>Pas net le Net ?</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 14:42:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[internet]]></category>

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		<description><![CDATA[ Internet : il s’agit d’une aide précieuse, lorsque l’on est à la recherche d’une information précise. Cependant, il faut bien le reconnaître : les pollutions qui transitent par Internet noircissent considérablement le tableau. Les messages les plus immoraux, les plus violents, les plus dégradants ont trouvé, en toute impunité, leurs moyens de diffusion. Et le nombre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"> Internet : il s’agit d’une aide précieuse, lorsque l’on est à la recherche d’une information précise. Cependant, il faut bien le reconnaître : les pollutions qui transitent par Internet noircissent considérablement le tableau. Les messages les plus immoraux, les plus violents, les plus dégradants ont trouvé, en toute impunité, leurs moyens de diffusion. Et le nombre de spams, allant des réclames pour Viagra aux arnaques de petits escrocs cherchant par tous les moyens de se procurer le numéro de votre carte de crédit, est ahurissant. Force est ainsi de constater qu’Internet, cet instrument génial, est souvent détourné à des fins perverses. </p>
<p align="justify"> Aussi longtemps que nous n’en n’avons pas été victime, ou que nous sommes joyeusement inconscients des effets pernicieux de messages destructeurs, nous regardons d’un mauvais œil toute législation. Bien entendu, il y a des lois qui sont bonnes, des lois qui sont idiotes, et des lois qui sont simplement politiques. En règle générale, il y a d’ailleurs beaucoup trop de lois en France. Pour ma part, je suis d’avis que les lois devraient protéger les individus et non  restreindre encore davantage leur liberté. Dans ce contexte, je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de moyens légaux mis en œuvre pour restreindre l’envahissement d’ordures sur le Net [à prendre dans le double sens d’hommes sans scrupule et de messages orduriers].</p>
<p align="justify"> Vous me direz, et cela va de soi, que c’est aux parents de protéger leurs enfants, en s’assurant qu’ils ne regardent pas n’importe quoi. Mais vous admettrez avec moi que, malgré toute la vigilance parentale, les enfants sont aujourd’hui très débrouillards et parviennent facilement à avoir accès à des sites pornographiques, pour ne donner que cet exemple là. Il est tout de même surprenant que l’on puise trouver sur le Net comment fabriquer une bombe ! Est-ce encore l’un des effets de mai 68 que de ne tolérer aucune censure, même lorsque certains propos vont jusqu’à inciter l’Internaute à développer une mentalité criminelle ?</p>
<p align="justify"> Internet est donc un merveilleux outil mais très dangereux. A utiliser sous haute surveillance ! </p>
<p align="center"> Jean-Christophe Perrin </p>
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		<title>Un sens à l’utopie ?</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 18:46:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Christophe Perrin]]></category>
		<category><![CDATA[Utopie]]></category>

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 En ce mois de juin, marqué comme d’habitude par des catastrophes en tout genre, je soumets à votre attention la réflexion suivante : 
 « Nous ne nous représentons plus le futur à long terme sur un mode utopique parce que nous ne pouvons plus du tout nous [...]]]></description>
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<p align="justify"> En ce mois de juin, marqué comme d’habitude par des catastrophes en tout genre, je soumets à votre attention la réflexion suivante : </p>
<p align="justify"> « Nous ne nous représentons plus le futur à long terme sur un mode utopique parce que nous ne pouvons plus du tout nous le représenter, que ce soit ou non sous une forme utopique. Nous voici en quelque sorte privé d’avenir. Notre temps est en effet marqué par une grande difficulté à se projeter autrement qu’en perpétuant les diverses modalités d’un présent à déployer et à aménager. Les grandes utopies politiques du XX° siècle, dont on connaît les impasses et souvent le tragique, ont laissé place à une nouvelle croyance selon laquelle il n’y a rien d’autre que ce qu’il y a et à une certaine représentation de l’individu occidental comme forme historiquement achevé de l’humain […]. </p>
<p align="justify"> « Par ailleurs, l’économie se substitue aujourd’hui à la politique pour devenir le nom contemporain de l’inexorable nécessité, c’est-à-dire ce à quoi il est fait devoir de se résigner. Nous assistons impuissants à une sorte de fatalisation de l’histoire dont l’un des effets est de rabattre le désir sur le seul registre de la possession d’objets qui, à un moment donné, laisse parfois place à une profonde lassitude et même à une forme de désespérance […]. </p>
<p align="justify"> « En contrepoint du consentement résigné à ce qu’il y a, on peut ici retrouver le travail de Paul Ricœur sur ‘l’imaginaire social ou culturel’ qu’il problématise notamment à partir d’une reprise critique des concepts d’idéologie et d’utopie […]. </p>
<p align="justify"> « Si le maniement des concepts ‘idéologie’ et ‘utopie’ exige une grande prudence et l’exercice permanent de la critique, Ricœur n’en récuse pas tout emploi. Il cherche plutôt à dégager leur positivité en les maintenant dans une tension dialectique fructueuse : le ‘ainsi et pas autrement’ de l’idéologie et le ‘autrement qu’ainsi’ de l’utopie se corrigent mutuellement. En ce sens, l’utopie – étymologiquement ‘non lieu’ – constitue sans doute une relance de l’imaginaire social en empêchant de confondre une figure contingente de l’histoire avec un idéal achevé. Le monde comme l’existence singulière est [ainsi] ouvert ou rouvert par un impossible assouvissement […] » (Jean-Daniel Causse, <em>L’instant d’un geste : le sujet, l’éthique, le don</em>, Genève, Labor et Fides, 2008, p. 102-103). </p>
<p align="justify"> Ce qui signifie que l’avenir n’est ni écrit d’avance ni identique au présent et, qu’en dépit de la vision fortement médiatisée d’un monde qui ne va qu’en empirant, il nous est permis de rêver. Héraclite disait : « les hommes construisent le monde (de demain) en rêvant ». </p>
<p align="center"> <strong>JC PERRIN</strong> </p>
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		<title>Burqa or not burqa ?</title>
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		<pubDate>Mon, 10 May 2010 16:24:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Meditations - Edito]]></category>
		<category><![CDATA[JC Perrin]]></category>
		<category><![CDATA[laicité]]></category>
		<category><![CDATA[religions]]></category>

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 Le nouveau projet de loi contre le port de la burqa a de quoi faire sourciller. De quoi, au juste, est-il question ? D’islamisme, de bandits déguisés, de protection de la femme, de laïcité, de tout cela à la fois ?
 Au niveau des extrémistes qui font peur, ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Note: There is a print link embedded within this post, please visit this post to print it.<br />
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<p align="justify"> Le nouveau projet de loi contre le port de la burqa a de quoi faire sourciller. De quoi, au juste, est-il question ? D’islamisme, de bandits déguisés, de protection de la femme, de laïcité, de tout cela à la fois ?</p>
<p align="justify"> Au niveau des extrémistes qui font peur, ne craint-on pas de faire des amalgames un peu  rapides ? Qu’entend-on au juste par « islamisme » ? Des croyants zélés ou des fous dangereux ? Des exaltés ou des terroristes ? Des fanatiques ou des criminels ? Je me permets de signaler que nous avons des croyants zélés, exaltés et/ou fanatiques dans nos églises chrétiennes sans qu’ils ne soient des fous, des criminels ou des terroristes. Par ailleurs, il est assez curieux de constater que l’Islam soit la seule religion qui, lorsqu’on lui appose un « isme », devienne synonyme de violence. Nous ne faisons pas cette distinction concernant le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme,  etc. </p>
<p align="justify"> Que le port d’un voile puisse cacher un barbu poseur de bombes me fait un peu rigoler. Qu’il s’agisse d’un bandit masqué qui veuille attaquer une banque me fait aussi sourire, car lorsque l’on porte un casque de moto dans la rue, on s’attend à ce que le motard l’ôte en pénétrant dans une banque. La même règle s’applique aux cagoules, aux bas de soie, et à la burqa. Il est interdit de pénétrer dans une banque ou dans une poste le visage voilé. Point barre. </p>
<p align="justify">  La protection de la femme. Le philosophe Paul Ricœur, lors de la proposition de la loi 2004 contre le foulard, disait : « la femme peut montrer ses fesses en public, mais n’a pas le droit de se couvrir la tête ». Etrange image en effet que nous nous faisons de la femme en Occident : celle que nous présentent les couvertures des magazines et les spots publicitaires. Par ailleurs, les joueurs de l’équipe de France – qui sont adulés comme des dieux par une forte majorité de Français – ont récemment été accusés d’avoir des relations sexuelles avec des mineures. Les musulmans ont beau jeu alors de nous rétorquer que la société, sous couvert d’émancipation, a insidieusement posé la femme comme un objet à consommer. </p>
<p align="justify"> La laïcité. Oui, ma foi, pauvre France. Les Français ont des opinions bien tranchées sur la religion, même s’ils ignorent tout de ce qui fait la spécificité du christianisme ou de l’Islam. Une grande majorité d’entre eux pensent en effet que la laïcité consiste à nous protéger contre le danger potentiel que représente la religion et à interdire en conséquence toute expression religieuse sur la voie publique. Mais cette mentalité relève davantage du régime communiste que du système républicain.</p>
<p align="justify"> Pour ma part, je tiens à dénoncer l’amalgame burqa = islamisme = terrorisme. Et ceci pour la bonne raison que cela nous empêche à réfléchir et à établir des nuances. D’ailleurs, n’ayons pas peur de le dire ou de l’entendre : pour des raisons politique (ou par simple ignorance) il existe bel et bien un antisémitisme en France. Et j’entends bien anti<em>sémitisme</em>, c’est-à-dire une haine des Juifs <em>et</em> des Arabes. Bien entendu, c’est à discuter. D’ailleurs je pense que toutes ces questions devraient se discuter, au lieu de nous cantonner dans des  opinions qui s’avèrent être des vérités toutes faites.</p>
<p align="justify"> Il me semble que le débat sur la burqa est un faux  débat et que les vrais débats devraient se focaliser sur ce qui nous préoccupe vraiment, comme le chômage, le régime des retraites, l’environnement, par exemple. L’économie va mal. Les politiciens cherchent donc un bouc émissaire. Quoi de mieux, pour détourner l’attention, que le domaine de l’étranger ou de ce qui nous semble étrange ? En stigmatisant ainsi l’islam<em>isme</em> le gouvernement Sarkozy est  certifié de gagner à sa cause des électeurs. </p>
<p align="justify"> Je crois honnêtement qu’il devrait avoir à Dreux des vrais débats entre chrétiens (catholiques et protestants), juifs et musulmans. Je suis un de ceux qui attendent, depuis déjà quatre ans, d’avoir un de ces débats. Nous un avons eu un avec nos amis juifs l’année dernière. Qu’en pensent désormais nos amis musulmans ? </p>
<p align="right"><strong>Pasteur JC PERRIN. </strong></p>
]]></content:encoded>
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