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Une phobie est une peur face à un danger exagéré, voire imaginaire. Durant la guerre froide, les Russes suscitaient la peur dans le monde « libre ». Aujourd’hui, ce sont les « terroristes » qui nous font peur et on les croit confinés au monde arabe. Mais le problème est plus complexe et la menace tout aussi diffuse, car si autrefois il y avait des communistes partout, il en va de même pour les terroristes aujourd’hui : on en trouve même à la Maison Blanche.
On aurait tort de négliger le rôle des émotions dans la géopolitique. La peur, du côté de l’Occident, est un catalyseur puissant, car elle génère le patriotisme. Désormais, il n’y a qu’un ennemi à craindre et à abattre : l’autre (qui est souvent un barbu). Du côté arabo-musulman, c’est l’humiliation qui est l’émotion dominante. On a tendance à l’oublier, mais il y a eu un « âge d’or » de l’Islam, un âge qui fut prospère économiquement et culturellement : que l’on pense à l’algèbre et l’arithmétique, à la redécouverte de la philosophie grecque par les penseurs arabes, aux Mille et une Nuits. Puis ce fut le lent déclin, à partir de la Renaissance européenne. Ensuite la colonisation. Enfin le faux espoir d’une indépendance dans des pays morcelés par l’ONU et dominés par l’impérialisme américain. La création de l’Etat d’Israël, la défaite des nations arabes lors de la Guerre des Six Jours, n’a fait qu’accentuer la nostalgie d’une grandeur passée chez les Arabes. La défaite de l’Union soviétique en Afghanistan n’a pas suffit pas à alléger le sentiment d’humiliation dont souffre l’Islam, puisque l’Occident en était responsable. Mais elle renforça au contraire le désir de vengeance des intégristes, avec les résultats que l’on sait : le 11 Septembre et tous les événements qui en découlent.
La culture musulmane de l’humiliation, à laquelle l’Occident a largement contribué, engendre en réaction de la violence. Il n’y a pas d’homme plus dangereux que celui qui a été humilié. L’oppression, le désespoir ou l’esprit de vengeance sont des incubateurs de la radicalisation. De l’autre côté de la médaille, c’est à dire chez nous, c’est la peur. Les médias savent susciter les passions chez leurs auditeurs, en montrant des reportages chocs qui créent l’indignation, la colère, la haine ; des émotions qui ont toutes la peur en toile de fond. Qu’on le comprenne bien : le terrorisme n’est pas un ennemi mais une tactique qui continuera d’être utilisée aussi longtemps que des hommes la jugeront efficace. On lave un affront en semant la terreur.
De temps en temps, il serait bon que nos politiciens, au lieu de jouer avec les émotions des citoyens à l’aide de scoops médiatiques – que ce soit l’arrestation de Saddam Hussein qui a grandement servi à la campagne de réélection de Georges Bush, ou de l’assassinat du chef d’Al Qaïda qui sert tout autant les intérêts de Barak Obama – fassent preuve d’un peu plus de dignité en privilégiant la raison. Honnêtement, y a-t-il une différence (humaine, c’est-à-dire morale) entre le reportage de Palestiniens réjouis de l’attaque des Twins Towers au lendemain du 11 septembre et des New-yorkais éclatant de joie à la nouvelle de la mort de Ben Laden ? Et je ne parle pas de cette raison qui justifie les passions (« ce sont eux qui ont commencé »), mais de celle qui sait prendre ses distances par rapport aux flambées émotives.
Le christianisme connaît aussi l’affrontement entre un engagement passionné et une réflexion critique. Les plus impétueux tentent toujours d’expliquer et de convaincre les autres qu’ils ont raison. Les plus exaltés voient même un danger dans l’exercice de la raison. Certains vont jusqu’à faire l’éloge de la sainte ignorance, de la simplicité d’esprit, de la piété aveugle. Ils cultivent le surnaturel, le mystérieux, le miraculeux et l’irrationnel, proclamant « je crois parce que c’est absurde » (selon l’axiome célèbre). A l’opposé, pour éviter une dérive vers l’obscurantisme et la superstition, certains privilégient une foi raisonnée et raisonnable.
En bref, que ce soit en matière de politique ou de religion, je pense que les passions sont mauvaises conseillères. Il est naturel d’éprouver des émotions et d’avoir des sentiments. Cependant, on ne devrait pas en rester là. Cultiver l’émotivité de masse, se faire soi-même dominer par les émotions, par l’irrationnel, est le plus sûr moyen de s’engager dans des actes mesquins et violents. C’est aussi le plus sûr moyen de justifier sa propre violence.
Y a-t-il des guerres justes ? Je ne pense pas. Par contre, cela ne veut pas dire qu’il fasse refuser le combat. L’évangile est un combat. Un combat contre l’ignorance, l’intolérance et la dérive des émotions : la peur, la colère, la jalousie, l’envie, l’humiliation. Jésus est venu nous libérer de tout cela. Non pas qu’il n’y ait pas d’émotions saines. Un humain sans émotion est un robot. En revanche, un humain qui n’est qu’émotion n’est qu’un enfant, un adulte qui n’a pas su grandir, un chrétien qui n’a pas vraiment confirmé son baptême.
JC PERRIN
Les deux textes de la Bible rappelés ci-dessous, Jean 2:1-12, Esaie 62 ,1-5 nous parlent du Royaume comme d’une fête. Le texte de Jean nous décrit également le premier signe ( miracle ) de Jésus. C’est le thème de cette prédication du pasteur Jean-Christophe Perrin à Dreux.
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Jean 2, 1-12 ( Les noces de Cana) :
1 Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.
2 Jésus aussi fut invité aux noces, ainsi que ses disciples.
3 Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin.
4 Jésus lui répond : Femme, qu’avons-nous de commun en cette affaire ? Mon heure n’est pas encore venue.
5 Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu’il vous dira.
6 Il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs et contenant chacune deux ou trois mesures.
7 Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces jarres. Ils les remplirent à ras bord.
8 — Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l’organisateur du repas. Ils lui en portèrent.
9 Quand l’organisateur du repas eut goûté l’eau changée en vin — il ne savait pas d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient — il appelle le marié
10 et lui dit : Tout homme sert d’abord le bon vin, puis, quand les gens sont ivres, le moins bon ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent.
11 Tel fut le commencement des signes de Jésus, ce qu’il fit à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples mirent leur foi en lui.
12 Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n’y demeurèrent que peu de jours.
Esaie 62, 1-5
1 A cause de Sion je ne me tairai pas, à cause de Jérusalem, je ne me tiendrai pas tranquillejusqu’à ce que sa justice s’impose, comme une clarté, et son salut, comme un flambeau qui s’allume.
2 Alors les nations verront ta justice et tous les rois ta gloire ; et on t’appellera d’un nom nouveau que la bouche du SEIGNEUR désignera.
3 Tu seras une couronne de splendeur dans la main du SEIGNEUR, un turban royaldans la paume de ton Dieu.
4 On ne te dira plus « Délaissée », on ne dira plus ta terre « Dévastation » ; mais on t’appellera « Mon plaisir est en elle », et on appellera ta terre « L’Epousée » ; car le SEIGNEUR prend plaisir en toi, et ta terre sera épousée.
5 Comme un jeune homme épouse une jeune fille, ainsi tes fils t’épouseront ; et comme la mariée fait la gaieté du marié, ainsi tu feras la gaieté de ton Dieu.
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En anglais, l’histoire que l’on raconte (story), diffère de l’histoire qui a marqué les jalons d’une nation (history). Or, si en français c’est le même mot qui est utilisé dans les deux cas, nous accordons cependant plus de sérieux à l’histoire qui rapporte des faits qu’à une histoire racontée. Pour une partie non négligeable de la société, les histoires de la Bible ne sont donc que des affabulations, car elles ne sauraient être vraies au sens historique du terme. Mais cette façon de penser ne tient pas compte d’une troisième alternative, à savoir qu’il est possible, en l’occurrence dans la Bible, de combiner l’histoire (history) avec une histoire (story).
 Nikolaus Gysis - 1892 - Historia
Tout mythe, toute légende, s’inscrit dans l’histoire. Cette historicité peut être comprise dans un sens positif, comme une qualité d’ouverture et d’inachèvement, et donc comme la tâche assignée à la raison humaine d’approfondir constamment sa perception de la vérité ; mais elle peut aussi signifier qu’il n’existe pas de vérité, ou que nous ne pouvons l’appréhender de façon adéquate, que nous ne pouvons même pas l’appréhender du tout.
 La Bible de Marsauceux - La Bible est pour le chrétien une révélation qui transcende l'histoire
La théologie dogmatique se trompe si elle entend transmettre des thèses particulières, au lieu d’envisager la foi comme un événement vivant que nous devons sans cesse chercher à comprendre. La théologie ne consiste pas à répéter des vérités toutes faites ou à défendre des idées qui n’ont plus cours aujourd’hui. La tâche primordiale du théologien est d’étudier la Parole qui a été donnée une fois pour toutes, à examiner les différentes interprétations auxquelles elle a donné lieu au cours de l’histoire, à réfléchir à la cohérence interne du message chrétien et à l’assumer face aux questions du temps. Si, dans le passé, c’est surtout l’existence de courants hérétiques au sein du christianisme qui suscitait les efforts de clarification dogmatique, les théologiens doivent aujourd’hui relever les grands défis du présent comme des « signes du temps » qu’il s’agit d’interpréter à la lumière de l’Evangile.
Le défi lancé à la théologie, c’est de savoir comment la foi peut être préservée à travers les époques successives de l’histoire et les cultures différentes auxquelles elle a été exposée. Le défi est toujours présent, car nos sociétés modernes sont pluriculturelles. L’autre aspect de ce défi – on pourrait dire qu’il lui est concomitant – concerne la révélation de Jésus-Christ qu’aucun croyant, fût-il théologien, n’a fini de comprendre et d’assimiler. Cette révélation transcende l’histoire, même si elle s’incarne dans une histoire que l’on raconte.
JC PERRIN
Les trois textes de la Bible rappelés ci-dessous, Jean 14, 8-11, Exode 33 ,7-11 et Exode 33 ,18-23 nous parlent du désir de tout croyant de rencontrer Dieu. C’est le thème de cette prédication du pasteur Jean-Christophe Perrin à Dreux.
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Jean 14, 8-11
8 Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.
9 Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe ? Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire, toi : « Montre-nous le Père ! »
10 Ne crois-tu pas que, moi, je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que, moi, je vous dis, je ne les dis pas de ma propre initiative ; c’est le Père qui, demeurant en moi, fait ses œuvres.
11 Croyez-moi : moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi. Sinon, croyez à cause des œuvres elles-mêmes.
Exode 33 ,7-11
7 Moïse prit la tente et la dressa pour lui hors du camp, à quelque distance ; il l’appela tente de la Rencontre ; quiconque voulait consulter le SEIGNEUR sortait vers la tente de la Rencontre, qui était hors du camp.
8 Lorsque Moïse sortait vers la tente, tout le peuple se levait ; chacun se tenait à l’entrée de sa tente et suivait des yeux Moïse, jusqu’à ce qu’il soit entré dans la tente.
9Lorsque Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendait et s’arrêtait à l’entrée de la tente ; alors il parlait avec Moïse.
10Tout le peuple voyait la colonne de nuée s’arrêter à l’entrée de la tente ; alors tout le peuple se levait et se prosternait, chacun à l’entrée de sa tente.
11Le SEIGNEUR parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. Puis il revenait au camp ; mais son auxiliaire, le jeune Josué, fils de Noun, ne bougeait pas de l’intérieur de la tente.
Exode 33 ,18-23
18Alors Moïse dit : Fais-moi voir ta gloire, je t’en prie !
19Il répondit : Je ferai passer devant toi toute ma bonté et je proclamerai devant toi le nom du SEIGNEUR (YHWH) ; je ferai grâce à qui je ferai grâce, et j’aurai compassion de qui j’aurai compassion.
20Il ajouta : Tu ne pourras pas voir ma face, car l’être humain ne peut me voir et vivre.
21Le SEIGNEUR dit : Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher.
22Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que je sois passé. 23Puis je retirerai ma main, et tu me verras par-derrière ; mais ma face ne pourra pas être vue.
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