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Aniconisme et ineffabilité du Dieu biblique.

 

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Le Nom de Dieu YHWH est imprononçable, car on ne connaît pas les voyelles permettant de l’énoncer. Ce Nom revient cependant 6 823 fois dans la Bible hébraïque. Le plus souvent, ce nom est subtilisé par Adonaï à la lecture.

Dieu a encore d’autres noms dans l’Ancien Testament, en particulier El et ses dérivés.

El : ce nom appartient au vocabulaire commun des peuples sémitiques et signifie « fort, puissant comme un chêne ». Les Cananéens appelaient El le père de leurs dieux, le chef de leur panthéon. El et Ba’al (son fils) représentent les deux aspects de la divinité : El, l’ancien des jours, symbolise la sagesse de l’expérience (à l’instar de Kronos) ; Ba’al incarne la jeunesse du héros qui triomphe de tous les périls (à l’instar de Zeus). Ba’al est le dieu de la pluie et de la fécondité. Dans la Bible, Ba’al se trouve en concurrence avec YHWH. Et le Dieu de la Bible se sent blessé quand son peuple adore Ba’al. Par la suite, Ba’al a été démonisé : il est alors appelé Ba’al Phégor ou Ba’al Zébuth. El, pour sa part, est utilisé par les Hébreux comme un titre désignant la divinité. De la même manière le grec theos, latinisé en deos (dieu en français) dérive probablement du terme zeus. Mais quand nous parlons de Dieu, nous n’avons pas en tête Zeus, le dieu de la foudre, mais le Père infigurable et invisible.

Autres dérivés : Eloha, signifie « celui qui fait frémir les créatures » ou, à l’inverse : « celui qui protège contre toute peur ». Elohim est le pluriel de El. En arabe, El devient Allah. Le substitut Adonaï signifie « maître », on le retrouve également au pluriel et parfois combiné en Adonaï-Elohim que l’on traduit par « Seigneur Dieu ».

En islam, la Révélation divine ne se limite pas exclusivement au Coran. Par rapport au christianisme, l’islam fait un retour à l’absolue Transcendance de l’Être suprême, Allah, sans autre que Lui seul. En outre, si Allah est unique, il porte dans sa Révélation originale 99 noms différents de même que, dans l’hébraïsme, Elohim contient l’unité plurielle dans son Nom.

Les Hébreux ont privilégié l’aniconisme, l’absence totale de toute icône, ou image,  représentant Dieu. A la différence des temples païens, le Saint des Saints, le lieu le plus sacré au cœur du Temple de Jérusalem, était vide. Ainsi, Tacite, évoquant l’entrée des Romains dans Jérusalem en 63 av. JC, dit : « Pompée fut le premier Romain qui ait dompté les Juifs et qui, par droit de conquête, pénétra dans le Temple : c’est alors que se répandit le bruit que le Temple ne contenait aucune figure de dieux, que le sanctuaire était vide et ne cachait aucun mystère » (Tacite, Histoires V, 9). Cette vacuité de la pièce la plus sacrée du temple est confirmée par Flavius Josèphe : « Le saint des Saints était séparée de la partie extérieure par un voile. A L’intérieur, il n’y avait rien du tout ; c’était la partie la plus inaccessible, la plus inviolable et la plus invisible de toutes » (Guerre juive V, 219).

JC PERRIN

C’est le SEIGNEUR (YHWH), le Dieu de vos pères, qui m’a envoyé vers vous

Les deux textes de la Bible rappelés ci-dessous, Exode 3, v13-15 et Jean, 8, v23-30 tentent chacune de définir qui est Dieu. C’est le thème de cette prédication du pasteur Jean-Christophe Perrin à Dreux.

Texte

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Exode 3 :13-15

13 Moïse dit à Dieu : Supposons que j’aille vers les Israélites et que je leur dise : « Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. » S’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ?
14 Dieu dit à Moïse : Je serai qui je serai. Et il ajouta : C’est ainsi que tu répondras aux Israélites : «   “Je serai” m’a envoyé vers vous. »
15 Dieu dit encore à Moïse : Tu diras aux Israélites : « C’est le SEIGNEUR (YHWH), le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, qui m’a envoyé vers vous. » C’est là mon nom pour toujours, c’est mon nom tel qu’on l’évoquera de génération en génération.

Jean 8 : 23-30

23 Il leur disait : Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.
24 C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés ; en effet, si vous ne croyez pas que, moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés.
25 Ils lui disaient : Qui es-tu, toi ? Jésus leur répondit : Ce que je vous dis depuis le commencement.
26 J’ai à votre sujet beaucoup à dire et à juger ; mais celui qui m’a envoyé est vrai, et moi, je dis au monde ce que j’ai entendu de lui.
27 Ils ne surent pas qu’il leur parlait du Père.
28 Alors Jésus leur dit : Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, vous saurez que, moi, je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m’a enseigné.
29 Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que, moi, je fais toujours ce qu’il agrée.
30 Comme il parlait ainsi, beaucoup mirent leur foi en lui.

Texte

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Les dix paroles

 

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Depuis Paul, les chrétiens ont pour habitude d’appeler la manière juive de pratiquer la religion par le dénominatif « Loi ». Ce terme est supposé traduire l’hébreu mitzva, mais il ne figure nulle part au singulier dans le judaïsme : on y parle bien de 613 mitzvoth, mais il s’agit d’observance, pour la plupart d’ordre éthique, et non de « lois ». De la même manière, sur le Sinaï,  Moïse reçoit de Dieu plutôt dix « paroles » (déca-logue) que dix « commandements » : cinq d’entre elles concernent d’ailleurs la divinité et cinq autres concernent le prochain. Ce sont ces cinq dernières que l’on pourrait appeler des « lois », car elles sont aux fondements de  la justice pratiquée entre les hommes.

Une autre erreur que nous, chrétiens, avons tendance à commettre, c’est de penser que les juifs sont fiers d’appartenir au peuple « élu » et d’être les dépositaires de la « Loi ». Une légende juive raconte pourtant qu’avant de donner les « dix paroles » à Israël, Dieu les a proposées aux autres peuples. Il est allé voir les fils d’Esaü et leur demanda : « Voulez-vous ma Thora ? » Ils ont répondu : « Qu’y a-t-il écrit dedans ? » – « Tu ne tueras pas ! » – « Non merci, répondirent les fils d’Esaü car nous ne  voulons pas renoncer à la bénédiction de notre père qui, en nous quittant, a dit : « Vous vivrez par l’épée ».

Ensuite, il est allé voir les fils d’Ammon et de Moab pour leur proposer la Torah. Ces derniers lui ont demandé ce qu’il y avait dedans et Dieu de répondre : « Tu ne vivras pas dans la débauche ». Les fils d’Ammon et de Moab ont alors répondu qu’ils étaient nés dans la débauche et qu’ils aimaient la débauche ; la Torah ne les intéressait donc pas.

Dieu est ensuite allé voir tous les autres peuples pour leur proposer la Torah, mais ils avaient tous une bonne raison de la refuser. Il s’est finalement tourné vers Israël et les Hébreux ont accepté la Torah. Le peuple juif n’aurait donc pas été choisi à l’exclusion des autres, mais serait le seul à avoir accepté de porter la lourde responsabilité de recevoir la « Loi ».

Après deux mille ans de mécompréhension, de persécution et de rejet, les chrétiens ont enfin pris conscience de la dette qu’ils avaient envers le peuple juif, notamment en ce qui concerne  les textes de la Première Alliance. Plusieurs théologiens, comme Karl Barth et Jacques Ellul, ont aussi précisé que Dieu n’avait pas renié son peuple et que celui-ci était toujours porteur de la promesse faite à Abraham.

Notre culture religieuse s’enracine d’abord dans la culture juive, avant de subir les influences de la culture gréco-romaine. Jésus étant juif, il s’est exprimé durant tout son ministère comme un rabbi, un « maître », et il a dit : « je ne suis pas venu abolir la Loi et les Prophètes, mais les accomplir ». Beaucoup ont tenté d’expliquer ce qu’il voulait dire par « accomplir » : cela veut dire « parfaire », « rendre plus clair », « actualiser les prophéties ». Mais une définition  récapitule à elle seule toutes les autres, c’est celle de « réinterpréter ». Jésus réinterprète la Loi et, ce faisant, lui donne un sens plus clair, plus parfait, plus ancrée dans l’actualité.

JC PERRIN

Le secret de la vie – Une méditation de Noël

Cet article humoristique est tiré d’une liturgie adaptée aux enfants et aux ados présents lors de notre culte de Noël familial.

Un jour, un disciple demanda à son maître : « Maître, quel est le secret de la vie ? »

- Je ne peux pas te le dire, répondit le maître.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est un secret.

Déçu, notre jeune ami s’en alla et, chemin faisant, rencontra le Pape, alors que celui-ci s’apprêtait à partir à bord de sa papamobile.
Savez-vous ce qu’est une papamobile ?

C’est un pape au-dessus et 16 sous-papes en dessous.

C’est une voiture immatriculée conception[1].

Le jeune homme demanda au Pape : « Ô Souverain Pontife, quel est le secret de la vie ? »

Le saint Père répondit : « Partir c’est mourir un peu, mourir c’est partir beaucoup[2] ». Puis il se ravisa et dit : « L’éternité c’est long, surtout vers la fin[3] ».

Déçu, le disciple reprit sa route et tomba sur un logicien. Un logicien, c’est quelqu’un qui a toujours raison ; même quand il a tort, il vous démontre qu’il continue d’avoir raison.

L’homme lui demanda : « Ô maître à penser, quel est le secret de la vie ? »

L’intellectuel réfléchit longuement, puis répondit d’une manière toute spirituelle : « Le secret de la vie, c’est savoir se limiter à ce qu’il nous est vraiment possible de faire. Par exemple, il est plus facile de se laver les dents dans un verre à pied que les pieds dans un verre à dents ».

Déçu, le jeune homme alla trouver le Christ. Jésus avait bien grandi,  depuis sa naissance dans une crèche entouré d’un âne et d’un bœuf. Il était maintenant devenu un adulte et avait lui-même de nombreux disciples. Certains disaient que c’était lui le Messie. D’autres disaient « mais non », alors que d’autres disaient « mais si ».

Le jeune homme demanda à Jésus : « Ô Sublime, quel est le secret de la vie ? »

Jésus le regarda avec affection et répondit : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? Cherchez d’abord le Royaume et sa justice et toutes ces choses vous seront données en plus. Ne vous inquiétez donc pas pour le  lendemain, car le lendemain s’inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine ».

Tel est le secret de la vie. Celui ou celle qui est capable de suivre cette simple instruction se sera plus victime des souffrances dues à l’angoisse ou à la dépression.

Jean-Christophe Perrin


[1] C’est de Coluche.

[2] Ibid. Décidément, on a un pape coluchéen. Ça n’est pas plus mal, me direz-vous.

[3] Et ça c’est de Woody Allen. Le répertoire du Pape laisse à douter.

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