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Résumé du Café Théo du 8 mars 2008 – Résurrection ou réincarnation ?

Nous étions environ 35 participants à ce café théo, autour du prêtre de Nogent-le-Roi Don Edouard de Végrille et du pasteur de Dreux Jean-Christophe Perrin, à la brasserie de l’Etoile à Nogent-le-Roi.Vue de la salle à ma droite. L'ambiance est décontractée devant une boisson mais chacun est attentif aux arguments avancés.

Pour Don Edouard, la Résurrection prend sa source dans la fête de Pâques avec pour modèle le Christ. Il pose quelques questions pour débuter :
« Ressuscité cela veut dire relevé, revenu de la mort. On parle parfois dans la vie courante de mort spirituelle, de résurrection spirituelle, voir de résurrection pour un sportif qui n’en pouvait plus et qui revient en forme. On se pose des questions sur le miracle de Lazare (Jean 11).»

«Dans le Credo de Nicée on parle de résurrection de la chair et pourtant les disciples n’ont pas reconnu le Christ ressuscité. Ils l’ont reconnu à ses gestes, à ses paroles. Le corps de Jésus était il un autre corps ? Etait ce un pur esprit ? D’autres questions concernant les Temps à venir : à quel moment va-t-on ressusciter ? Est-ce à la fin des temps ? Que se passe-t-il dans les temps intermédiaires ? Que va-t-il rester de moi ?»

«Notre résurrection est focalisée sur le Christ, ce n’est pas un principe naturel. La notion de personne est importante. »

J.C. Perrin poursuit : « Ce qui est important c’est l’identité : y a-t-il un ensemble corps – esprit / âme ou bien une dualité corps âme ? »

Une première personne lance le débat, soulignant que la résurrection de Lazare est différente de celle du Christ, il est ramené à la vie, mais il est mort ensuite, un jour.

La majorité des participants est convaincue de la résurrection, avec des arguments très variés :
Pour l’un, croire à la résurrection c’est croire qu’on n’est pas rien, qu’il n’y a pas rien après, qu’on est un être important, qu’on existe quoiqu’il arrive. L’essentiel est « qui suis-je, au moins pour quelqu’un ». Un autre pense qu’à la résurrection on restera soi même car Dieu ne peut pas nier sa créature. Plusieurs affirment que le fait qu’on n’arrive pas à penser sa propre mort implique qu’on a en soi une part d’éternité. Quelqu’un dit que le moi réside dans un sentiment de mémoire, mais la question se pose donc pour ceux qui perdent la mémoire, et les handicapés, sous quelle forme ressuscitent-ils ? Un des participants affirme « La résurrection est liée au Royaume. Le mot réincarnation n’a pas d’importance. Je ne cherche pas comment ça se passe. » Une personne dit qu’elle ne croit pas à la réincarnation car ainsi Dieu abandonne sa créature dans des situations difficiles.

Le pasteur mentionne que l’Ancien Testament nous parle d’Elie élevé au Ciel (2 Rois, 2). Certains juifs au temps de Jésus croyaient qu’il s’était réincarné en Jean Baptiste (Jean 1,21).

Quelques personnes dans la salle croient néanmoins à la réincarnation. Quelqu’un pose la question « la vision scientifique du clonage peut elle modifier notre croyance sur la résurrection ? », l’idée étant alors que des clones auraient tous le même moi, la même personnalité. D’autres, au contraire, font l’objection que même les clones ont chacun leur personnalité qui se forme, de même les jumeaux.

J.C. Perrin fait ensuite un bref rappel sur la notion de réincarnation, souvent mal comprise en occident : « L’Egypte ancienne était obsédée par l’au-delà. Dans le culte d’Osiris, l’âme s’envole comme un oiseau. Chez les grecs le royaume de Hadès est effrayant. Si on n’a pas de sépulture on ne peut pas bénéficier de l’au-delà. Ensuite vient le culte de Déméter et le mythe d’Orphée. Dans le culte orphique, l’âme se réincarne dans des corps successifs jusqu’à ce qu’elle ait atteint un niveau de pureté suffisante. Cette croyance s’est propagée à Pythagore puis Platon, et jusqu’à l’ère chrétienne. La réincarnation introduit un fort niveau d’idéalisme.»

«Dans les différentes formes de religions hindoues, l’idée est qu’il y a une particule de divinité qui est en nous, anime la conscience, et permet d’évoluer selon les actes bons ou mauvais qu’on accomplit.»

«Le bouddhisme décrit la réincarnation comme une succession de changements successifs, mais dans laquelle l’âme personnelle n’est pas conservée, seule une forme d’esprit se transmet. Aujourd’hui il y a un intérêt renaissant pour la réincarnation, introduit par les spirites comme Alan Kardec au 19eme siècle. La tendance récente, new Age, retient que dans la réincarnation on ne fait que progresser. Il faut remarquer que dans la réincarnation le Salut est lié aux efforts, pas à la Grâce.»

«Certaines tendances juives croient à la réincarnation qui est en quelque sorte un temps de réparation. La résurrection c’est le temps de la récompense, au Jugement dernier. »

Henri Blondeau fait remarquer une analogie avec le catholicisme, où le purgatoire correspond en quelque sorte à cette idée de réparation.

Jean-Christophe Perrin conclue : « La réincarnation offre un aspect sécurisant : on peut se racheter, expliquer les inégalités, il y a un aspect cyclique. La résurrection repose sur une analogie avec le Christ. Dans notre propre vie nous pouvons renaître d’une maladie, d’une souffrance, d’un échec. La résurrection est sous tendue par la notion d’espérance. Tout est annoncé par Pâques, et il n’y aurait pas Pâques sans le Vendredi saint. Le Salut c’est la confiance vers un avenir, un monde meilleur. Très majoritairement les chrétiens considèrent la réincarnation comme incompatible avec la résurrection et la foi chrétienne. Cependant il existe des chrétiens qui croient aux deux. »

Pour finir, les organisateurs nous donnent rendez-vous le 24 Mai pour un prochain café théo sur le thème « Hors de l’Eglise point de salut ? » (Cliquez ici pour des renseignements)

Philippe Riglet

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1er mars 2008 : goûter de secteur à Vitray-sous-Brezolles

Ce samedi là, nous nous sommes retrouvés à 3 familles du secteur Nonancourt Brezolles à 17h chez Giselle et Jacques.

Un goûter de secteur, c’est l’occasion d’une rencontre amicale pour échanger sur un texte de la Bible avec le pasteur, mais surtout de se rencontrer dans un cadre familial entre réformés du même secteur géographique.

Le pasteur avait choisi de  lire Mathieu 18, 1-15 pour lancer le débat. Cette lecture, reprise au culte du 2  mars , nous a amené à réfléchir à ce que veut dire «devenir comme un enfant», comme le demande Jésus, pour un chrétien d’aujourd’hui. Pour plusieurs d’entre nous le plus important c’est d’être encore capable de s’émerveiller de ce que Dieu nous donne tous les jours. Nous avons parlé également  du scandale évoqué  par Mathieu :

Mais quiconque entraîne la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui attache au cou une grosse meule et qu’on le précipite dans l’abime de la mer. Etc.

Nous avons eu du mal à comprendre ce passage sévère qui  parle de jugement, curieusement placé avant la parabole de la brebis égarée. Pour nous il évoque cependant la responsabilité de nos communautés chrétiennes à savoir accueillir des gens qui doutent, sans leur causer de scandale par nos divisions ou notre comportement.

Ce bel après midi, s’est poursuivi assez tard dans la soirée, par un repas autour de pizzas et de flamenkuche. La conversation a porté sur nos familles et sur les élections municipales, sur les besoins sociaux dans nos campagnes. Pendant ce temps les enfants jouaient dans la véranda entre 2 bouchées de pizza. 

Un repas enjoué autour de Flamenkuche et pizzas. Gisèle explique sa conception de la      vie municipale Les enfants viennent picorer un peu de         pizza avant de repartir jouer dans la        veranda.

Nous nous sommes séparés vers 10h, ravis de ce goûter et des conversations échangées.

Philippe Riglet

Culte du 2 mars 2008 – Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ?

Le pasteur avait choisi pour sa prédication la lecture de Mathieu 18, 1-15 que nous avions discuté de manière informelle la veille au groupe de secteur de Nonancourt Brezolles :

A cette heure là les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : Qui donc est le  plus grand dans le Royaume des Cieux ? Appelant un enfant, il le plaça au milieu d’eux et dit : « En vérité je vous le déclare, si vous ne changez et ne devenez comme des enfants, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux.  Celui là qui se fera petit comme cet enfant, voila le plus grand dans le Royaume des cieux » etc.

La lecture, la prédication, et les 2 chants encadrant la prédication sont enregistrés au format audio mp3 sur ce site. Cliquez sur ce lien pour écouter (clic gauche de souris – durée d’écoute 26 minutes) ou enregistrer sur votre PC pour écouter ultérieurement (clic droit de souris – recommandé – taille du fichier 37Mo).  La prédication de Jean-Christophe Perrin est résumée ci-après :

L’Evangile de Mathieu ordonne les paroles consignées par Marc de telle manière qu’elle instruise la communauté Mathéenne, une communauté judéo-chrétienne.  Le sermon sur la Montagne nous demande d’observer la loi, mais de manière encore au delà de celle des pharisiens. Il y a une progression qui part de devenir comme un enfant,  évoque le problème du scandale, qui parle de la brebis égarée et, ce qui n’a pas été lu aujourd’hui,  de la correction fraternelle, comment reprendre un frère qui cause du scandale dans l’Eglise, comment prier, comment pardonner.

Nous avons eu l’occasion de discuter ce texte à Radio Grand Ciel et le 1er mars aussi, cette prédication résume  ce qui a été dit entre nous. Pour ceux qui étaient là, cela montre que la Parole résonne en nous, vient d’ailleurs et nous rejoint quelque part dans nos vies personnelles.

L’enfant : nous vivons dans une société qui magnifie l’enfant qui est pur, sans défauts etc. Nous savons bien pourtant  que les enfants sont souvent capables de  méchanceté. Quand à revenir à l’état d’enfant, ce n’est ni possible ni souhaitable.  L’adulte ne s’émerveille plus, tandis que pour l’enfant,  Noël n’est pas difficile, il n’est pas difficile pour lui de croire que Jésus est né. Pour nous il y a toujours quelque chose qui bloque. Si nous pouvions vivre la foi comme au premier jour quand nous nous sommes convertis !  Il ne s’agit pas de retomber en enfance. Dans notre société on apprend aux enfants à être des gagnants. Par rapport au Royaume, c’est le contraire, il faut arrêter de penser qu’on est le plus méritant, il faut accueillir le royaume comme un enfant, avec spontanéité.

Le scandale. Ça pose un gros problème : comment passer de la glorification de l’enfant à la menace contre celui qui fait scandale? Aujourd’hui si on parle de Jésus sur la place publique cela cause scandale. Jésus ne parle pas de ce type de scandale mais plutôt de ceux qui causent la chute des petits dans la foi. C’est ici le passage le plus violent de l’Évangile. Nous voulons trop analyser, nous rêvons trop d’un jésus pacifiste. Jésus est là pour nous interpeller, nous bousculer, nous instruire.

La brebis égarée c’est le symbole de l’individualisme qui est la base de l’Évangile.  La brebis est libre, seule, mais elle est égarée. La rencontre du berger et de la brebis est une rencontre seul à seul. La brebis fait partie d’un troupeau, d’une communauté. Quand dans une communauté on se déchire on fait fuir les petits dans la foi. C’est une véritable rencontre entre Jésus et la brebis, entre Jésus et chacun de nous. Je suis convaincu que Jésus va toujours nous donner  une chance, comme le berger à sa brebis. Si nous faisons des fautes il faut nous corriger sans perdre tout espoir. S’il n’y a qu’une compréhension intellectuelle notre foi devient aride et ne peut intéresser qu’une élite, s’il n’y a que de la sensibilité on peut facilement perdre confiance. C’est la rencontre des deux qui permet à l’être humain de réellement rencontrer Dieu et faire que sa vie soit réellement réussie.

Ph Riglet, d’après la prédication de JC Perrin.

Le temps d’y réfléchir

Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on entende parler du Président de la République. On n’arrête pas de faire des débats sur tout ce que dit ou fait Nicolas Sarkozy. Propos religieux, devoir de mémoire sur la Shoa, divorce avec Cécilia et remariage avec Carla. Tout ça fait scandale. On parle également beaucoup de réformes sans qu’aucune, vraiment, ne se mette en place. Mais qu’à cela ne tienne, personne n’est content. Les cheminots sont fâchés! Les chauffeurs de taxi sont fâché! Les publicistes sont fâchés! Les  grévistes sont fâchés! Le Président dit des gros mots! Mais que fait la police? L’insatisfaction est à son comble. On hurle des vérités toutes faites à qui voudra les entendre et c’est celui qui criera le plus fort qui aura le dernier mot. Le petit écran nous montre des gens rouges comme des briques qui n’arrêtent pas de perdre la raison pour avoir raison.

Vraiment, la bêtise triomphe. Le téléjournal est d’une affligeante pauvreté intellectuelle. Il ne s’agit plus d’informations, mais d’une télé-réalité de type People. L’ironie, c’est que les vrais problèmes ne sont jamais abordés, comme par exemple la diminution croissante de notre pouvoir d’achat. Formidable puissance de propagande que les médias. Qui sont nos véritables ennemis? Rien de mieux qu’une belle diversion pour endormir la méfiance du public. On s’intéresse davantage à la chambre à coucher du Président qu’à notre porte-feuille!

Changeons de registre. Si tout le monde est mécontent, nous sommes en droit de demander si  cette insatisfaction générale cache quelque chose de plus profond. Notre problème immédiat  n’est ni politique ni idéologique ni même économique, mais spirituel. Car malgré les belles paroles qui vantent à grands renforts publicitaires les mérites d’une religion entièrement laïque, force est pour nous de constater l’échec de cette dite religion à installer un sentiment de paix durable dans le cœur de nos concitoyens. L’homme est incapable de faire à lui seul son propre salut, ne fût-ce que pour sauvegarder ses droits universaux. J’insiste: il n’y a pas d’Homme réel – ou alors l’Humanité est une utopie au même titre que le Royaume – mais bien des hommes concrets, aussi humbles soient-ils.

La religion, avant de diviser, rassemble (lat. religiore). Or, Celui qui relie est un Autre. Qui  annonce une Parole qui nous précède. Et qui change notre vie. Devenir meilleur, un véritable être humain et non un animal à deux pattes, voilà la vraie clé du bonheur. Il n’y a dans la politique que déception, à moins de s’en référer au Seigneur. Théocratie, dites-vous? Non pas. Lucidité. Je ne dis pas qu’il nous faille un gouvernement religieux, mais que seul le Christ donne sens à notre vie. Et c’est là mon intention que de me laisser guider par Lui.

Jean-Christophe Perrin

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