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Les apocryphes : un savoir caché sur Jésus ? – Une conférence de Bible en Eure-et-Loir

Une nouvelle soirée de Bible en Eure-et-Loir

Au cinéma, comme en littérature, les œuvres ésotériques révélant des savoirs cachés sur Jésus ont la cote. De nombreux textes en marge de la Bible, dits apocryphes, c’est-à-dire cachés, secrets, recèleraient des trésors historiques méconnus. Périodiquement sont saluées de « sensationnelles découvertes » remettant en cause les vérités établies par le Nouveau Testament. Les apôtres Jacques, Philippe, voire Thomas et Judas, auteurs d’évangiles apocryphes, seraient bien plus crédibles que Matthieu, Marc, Luc et Jean. Comment s’y retrouver ?

Pour nous éclairer sur ces textes mystérieux, l’association Bible en Eure-et-Loir a invité Régis Burnet, maître de conférences à l’université de Paris VIII. Régis Burnet est bien connu des amis de Bible en Eure-et-Loir, puisqu’il est déjà venu plusieurs fois à Dreux. Il y a évoqué la question de l’historicité du personnage de Jésus, puis les mystères de l’Apocalypse, dont les visions grandioses épouvantent bien souvent le lecteur. Faut-il rappeler que Régis Burnet anime chaque semaine des débats très vivants sur KTO ? C’est dire que ses propos n’engendrent pas la mélancolie et que son ton n’est pas celui d’un spécialiste austère ! Questions et objections ont toujours leur place dans la discussion qui suit la conférence.

Bible en Eure-et-Loir est donc heureuse de vous convier

le samedi 6 novembre à 20h30

salle Saint-Jean, 17 rue Saint-Jean à Dreux,

à sa nouvelle conférence : Les apocryphes : un savoir caché sur Jésus ?

par Régis Burnet, enseignant à l’Université de Paris VIII

(L’entrée est libre.)

Quand Jacob devint Israel – Predication sur Genese 31.1-21 et 32.23-33

La prédication du pasteur Jean-Christophe Perrin porte sur l’histoire de Jacob dans  Genèse 31, 1-21 et 32, 23-33 . Cliquez sur le symbole ci-dessous pour lire la prédication (format pdf).

Texte

Cliquez ici pour lire la prédication du pasteur Jean-Christophe Perrin - novembre 2010

(voir aussi la prédication du 5 septembre sur Genèse 29, 9-25)

Ci dessous quelques extraits du texte dans le livre de la Genèse ( Genèse 31, 1-21 et 32, 23-33), traduction nouvelle Bible Segond :

  • dans Genèse 31, 1-21  :
  • 1 Jacob entendit les propos des fils de Laban, qui disaient : Jacob a pris tout ce qui appartenait à notre père ; c’est avec ce qui appartenait à notre père qu’il a acquis toute cette richesse.
    2 Jacob remarqua que le visage de Laban n’était plus envers lui comme d’habitude.
    3 Alors le SEIGNEUR dit à Jacob : Retourne au pays de tes pères, au lieu de tes origines ; je serai avec toi.
    …..
    17 Jacob fit monter ses fils et ses femmes sur les chameaux.
    18 Il emmena tout son troupeau et tous les biens qu’il avait acquis, le troupeau dont il avait fait l’acquisition à Paddân-Aram, pour s’en aller chez Isaac, son père, en Canaan.
    19 Laban était allé tondre son petit bétail. Rachel vola les teraphim de son père ;
    20 quant à Jacob, il trompa Laban, l’Araméen, en s’enfuyant sans l’informer de son départ.
    21 Il s’enfuit avec tout ce qui lui appartenait ; il traversa le fleuve et se dirigea vers la région montagneuse du Galaad.

  • et dans Genèse 32, 23-33  :

  • 25 Jacob resta donc seul. Alors un homme se battit avec lui jusqu’au lever de l’aurore.
    26 Voyant qu’il ne pouvait l’emporter sur lui, il le frappa à l’intérieur de la cuisse ; et l’intérieur de la cuisse de Jacob se démit pendant qu’il se battait avec lui.
    27 Il dit : Laisse-moi partir, car l’aurore se lève. Il répondit : Je ne te laisserai pas partir sans que tu m’aies béni.
    28 Il lui demanda : Quel est ton nom ? Il répondit : Jacob.
    29 Il reprit : On ne te nommera plus Jacob, mais Israël ; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu l’as emporté.

    Texte

    Cliquez ici pour lire la prédication du pasteur Jean-Christophe Perrin - novembre 2010

     

    Foi et religion

     

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    Karl Barth (1886-1968) faisait une distinction entre foi et religion. Selon lui, la religion vient de l’homme qui, par ses propres moyens, son intelligence ou sa piété, essaie de découvrir le chemin du salut et de s’élever jusqu’à Dieu. Une telle entreprise est condamnée à l’échec. Elle ne peut aboutir, dans le meilleur des cas, qu’à une idole. En effet Dieu, le vrai Dieu, le Dieu vivant est hors de notre portée. Il est le « tout autre », inaccessible. Par lui-même, l’homme ne peut ni s’en approcher, ni le connaître, ni en parler.

    La foi, quant à elle, n’est jamais une initiative de l’être humain, elle est sa réponse à un acte de Dieu. C’est Dieu qui appelle et c’est l’homme qui répond. L’appel ne dépend pas des mérites de la créature humaine, mais relève d’une miséricorde divine infinie. La foi est l’œuvre de la grâce et toutes deux mènent au salut. La foi justifie l’homme pécheur, qui, du coup, devient simul peccator et justus (« à la fois pécheur et juste »).

    La religion repose sur les compréhensions propres à chaque individu, à son choix de textes puisés au gré de ses lectures, sur des croyances superstitieuses qui font de Dieu un Être que l’on peut contraindre à notre service à coups de rites plus ou moins magiques. En revanche, la foi n’est pas fondée sur les capacités de l’homme, sur sa spiritualité, mais seulement sur la Parole de Dieu, sur ce que Dieu nous dit de lui-même en Jésus-Christ.

    Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) pensait également qu’il ne fallait pas faire de Dieu un bouche-trou, une utilité pour suppléer à nos manques, qu’il fallait abandonner la pensée infantile d’un Dieu qui solutionne tous nos problèmes. Ces deux théologiens allemands voyaient donc avec méfiance la religiosité naïve de l’être humain, car ils la trouvaient suspect de cette idolâtrie qui est une constance menace pour la foi.

    Dans le meilleur des cas, la prédication devrait viser à rétablir cette différence. Au lieu de se contenter de satisfaire un auditoire en lui donnant ce dont il a envie ou ce qu’il aimerait entendre, le prédicateur ferait mieux de se souvenir que c’est la Parole de Dieu qui est la norme. Or la proclamation de cette Parole peut parfois choquer. En effet, l’Evangile ne nous enjoint pas de suivre un Dieu Père Noël mais le Dieu qui s’est révélé sur une Croix. La quête des miracles, du merveilleux et du sensationnel, qu’éprouvent naturellement un bon nombre de nos concitoyens ne fait que les éloigner de cette révélation.

    Bien sûr, ce serait dans le meilleur des cas. Car dans la réalité, une prédication trop musclée, trop dénuée de ce réconfort mielleux qui provient de l’opium de vérités toutes faites, risque de désenchanter les paroissiens qui auront tôt fait de rechercher une consolation ailleurs, dans une autre paroisse ou dans d’autres illusions (la drogue, la politique, les romans à l’eau de rose, l’ésotérisme, etc.). Bonhoeffer lui-même avait beaucoup de mal à répondre à cette question : comment se représenter un christianisme qui ne soit pas religieux ?

    Jean-Christophe PERRIN

    La communauté protestante à Marsauceux

    Le mot religion, que nous disons comprendre, change de sens selon l’usage que l’on en fait.  « Nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles » disait Bergson. Or les clichés sur la religion abondent: elle appartient au passé, elle propose une morale surannée et restrictive, elle est antiscientifique,  elle menace la société laïque et républicaine. On peut débattre de tout cela, ce serait d’ailleurs encore la meilleure chose à faire, pour peu que l’on s’y intéresse.

    L’étymologie la plus fréquemment avancée fait dériver le mot latin religio du verbe religere, qui signifie « relier ». La religion est ce qui relie les hommes entre eux et les hommes à Dieu. Mais si aucune société ne peut se passer de relations humaines, cela ne veut pas dire que le seul lien social possible soit la croyance en Dieu. Plus intéressant pour notre propos est cette autre étymologie qui fait dériver religio de relegere, signifiant « recueillir » ou « relire ». En ce sens, la religion n’est pas d’abord ce qui relie, mais ce qu’on relit avec recueillement, en l’occurrence la Bible pour les chrétiens.

    Fête de paroisse 2010 à Marsauceux - pendant le culte

    Fête de paroisse 2010 à Marsauceux - pendant le culte


     

    Qui sont les protestants dans ce contexte ? Des hommes et des femmes qui lisent la Bible et qui se recueillent sur son enseignement. Des hommes et des femmes venus d’horizons divers,  qui ne pensent pas être des bipèdes perdus à la surface du globe mais qui affirment que leur existence est greffée sur une vie plus grande que la leur. Or, à Marsauceux, ces protestants existent. Certes, leur petit temple apparaît, pour ceux qui ne le sont pas, comme une carte postale un peu jaunie, une photo écornée par le temps qui passe et par les temps qui courent. Mais ce temple, tout à fait charmant, est aussi tout à fait vivant. Non seulement fera-t-il partie bientôt du patrimoine, mais il s’y donne toujours des cultes, y compris pour la veillée de Noël, et nombreux sont les couples qui décident de s’y marier.

    En mai 2010, comme chaque année, nous avons célébré la « fête de la paroisse » à la salle municipale Louis Pommereau. Après un culte festif, en présence de quatre générations, animé par un orchestre d’une douzaine de jeunes musiciens jouant des trompettes, du piano et des guitares électriques, nous avons pris l’apéritif dans une ambiance qui était à la fois détendue et chaleureuse. Nous étions presque deux cents personnes pour le repas qui a suivi. Tout le monde était d’humeur joyeuse. Nous nous sentions comme dans une grande famille et j’en garde moi-même un souvenir délicieux.

    Fête de paroisse 2010 à Marsauceux - pendant le culte

    Fête de paroisse 2010 à Marsauceux - pendant le culte


     

    Ce qu’il y avait de plus agréable, c’était de voir ce regain d’intérêt, de vitalité, pour notre paroisse. C’était de constater que nous avons tous besoins les uns des autres. Les plus jeunes ont besoin des plus anciens dans l’église, pour s’inscrire dans une histoire collective et envisager leur propre avenir. Les plus âgés ont besoin des plus jeunes pour la mise à l’épreuve de leur témoignage. Ils ont un besoin vital d’être stimulés, bousculés même, par les jeunes.

    Le même constat pourrait s’étendre à la société tout entière. Car, loin de l’égoïsme social ambiant et du « chacun pour soi » forcené de la modernité, il nous faut bien reconnaître que chacun de nous a besoin de rencontres et de partage, que l’on soit jeune ou moins jeune.

    Nous n’envisageons donc pas l’Eglise comme un îlot sacré immergé dans le monde profane, mais plutôt comme un morceau du monde qualifié par une parole d’espérance. C’est qu’en effet, nous entendons bien l’inquiétude de nos concitoyens devant les problèmes du chômage, des retraites, ou de l’environnement, et nous compatissons de tout cœur avec eux.

    Il n’y a pas coupure d’intérêts entre Eglise et Etat. En outre, même si, d’une manière générale, on constate dans notre société sécularisée une forme d’indifférence, voire de rejet, à l’égard de toute préoccupation spirituelle ou expression religieuse, se manifestent en même temps une quête de sens et même un « désir de croire ». Ce désir, aussi diffus soit-il, exprime une attente à laquelle les Eglises ne sauraient se dérober. La présence des protestants, individuellement et collectivement, n’est donc pas quelque chose « en plus » qu’il s’agit de  tolérer parce qu’il le faut bien, mais est bénéfique, à plus d’un titre, à l’ensemble de la vie civile.

    Fête de paroisse 2010 à Marsauceux

    Fête de paroisse 2010 à Marsauceux


     

    Certes, les images attachées à la paroisse, comme une population d’habitués adossés à une même tradition religieuse, continuent à jouer un rôle déterminant. Mais cela n’exclut pas le  désir d’inviter tous ceux qui ne partagent pas nos convictions à venir discuter avec nous ou de participer nous-mêmes à des débats sur la place publique. En tant que protestants, nous nous donnons le droit de réfléchir, de prendre la parole et de nous positionner dans tous les domaines : sciences, arts, politique, économie, écologie, éthique, etc.

    Aujourd’hui, plus que jamais, il nous faut, tous ensembles, avoir un regard lucide sur la diversité des cultures et la pluralité religieuse dans notre société française. Cela implique de ne pas céder au vertige d’une crise identitaire et au repli sur soi, mais au contraire d’avoir le courage d’ouvrir, dans la cité ou les villages, des espaces d’expression, d’expérimentation et de renouvellement, de développer la capacité à l’empathie, à la compréhension, au pardon, d’accéder à la compassion vis-à-vis de soi et d’autrui. Il nous faut relire notre histoire commune, laquelle est composée de nos histoires particulières, et tisser du lien social en se rappelant que le Tout est plus grand que ses parties.

    Travailler ensemble, c’est aussi tendre la main. C’est croire en une « vision » qui peut encore aiguiser notre regard, affermir notre jugement et orienter notre choix. C’est dire « oui » à la vie et aux êtres humains qui la composent. C’est œuvrer pour qu’aujourd’hui soit meilleur qu’hier et moins bien que demain.

    Jean Christophe PERRIN

    Voir aussi : l’article sur la fête de paroisse 2010

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